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Succession de May : McVey prête à un Brexit sans accord, Raab veut renégocier

reuters.com  |   |  662  mots
Succession de may: mcvey prete a un brexit sans accord, raab veut renegocier[reuters.com]
(Crédits : Simon Dawson)

LONDRES (Reuters) - Esther McVey, candidate à la succession de Theresa May, a déclaré dimanche que le Royaume-Uni devrait quitter l'Union européenne le 31 octobre prochain, avec ou sans accord de retrait.

Un de ses rivaux, Dominic Raab, a annoncé lui qu'il se battrait pour renégocier l'accord de retrait conclu avec les Européens mais que Theresa May n'a jamais pu faire ratifier par la Chambre des communes.

Alors que Bruxelles a exclu de rouvrir cet arrangement complexe qui court sur 584 pages, l'ex-ministre du Brexit a affirmé sur la BBC qu'il était possible de modifier l'accord de retrait si l'UE fait preuve de bonne volonté.

Raab, qui dit ne pas vouloir d'un Brexit sans accord, a cependant ajouté que dans le cas contraire, le Royaume-Uni sortirait aux conditions de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et qu'il ne paierait qu'une fraction des 39 milliards de livres sterling (45 milliards d'euros environ) de la facture du divorce (couvrant les engagements financiers pris par Londres dans le cadre de l'actuel budget pluriannuel communautaire).

La course à la succession s'est par ailleurs enrichie d'une nouvelle candidature, celle de Michael Gove. Le ministre de l'Environnement, partisan du Brexit, a confirmé qu'il briguerait la tête du Parti conservateur et donc le poste de Premier ministre, rapporte la chaîne de télévision Sky News.

"Je crois que je suis prêt à unir les conservateurs et le parti unioniste (ndlr, le DUP, force d'appoint indispensable à la majorité conservatrice à la Chambre des communes), prêt à concrétiser le Brexit et prêt à diriger ce grand pays", a-t-il dit.

"LE 31 OCTOBRE EST LA DATE-CLEF"

A ces huit candidats déclarés pourraient s'ajouter une dizaine d'autres prétendants. Avec la même priorité: mener à son terme le Brexit que les électeurs britanniques ont majoritairement approuvé lors du référendum du 23 juin 2016.

Initialement fixée au 29 mars puis reportée au 12 avril, la date du divorce a été repoussée au 31 octobre.

Pour Esther McVey, il faudra sortir à cette date, avec ou sans accord. "Le 31 octobre est la date-clef, et nous sortirons à cette date, et si cela signifie sans un accord, il en sera ainsi", a-t-elle dit sur Sky News.

"Cette date est désormais fixée", a insisté l'ancienne secrétaire d'Etat au Travail. Partisane d'une sortie de l'UE, elle a démissionné du gouvernement de Theresa May en novembre dernier pour dénoncer le contenu de l'accord conclu avec Bruxelles.

"Nous ne demanderons pas d'autres extensions", a-t-elle ajouté, souligné que des reports à répétition ne faisaient qu'alimenter une "incertitude corrosive" dont "les Britanniques, les entreprises et le pays ne veulent pas".

Dominic Raab a lui aussi déclaré qu'il ne tenterait pas d'obtenir un nouveau report du divorce.

Tirant les conséquences de ses échecs répétés à faire adopter par le Parlement l'accord de sortie de l'Union européenne qu'elle a négocié avec Bruxelles, Theresa May a annoncé vendredi qu'elle démissionnerait le 7 juin de la direction des Tories.

Son ministre des Finances, Philip Hammond, qui avait milité pour un maintien dans l'UE lors de la campagne référendaire de 2016, a rappelé sur la BBC que les Européens ne renégocieraient pas l'accord.

Il a ajouté que le futur chef du gouvernement aurait beaucoup de mal à contourner le Parlement, qui a voté plusieurs fois contre la perspective d'un "no deal".

"Il serait très difficile pour un Premier ministre qui aurait adopté une politique du 'no deal' de conserver la confiance de la Chambre des communes", a-t-il dit, ajoutant qu'à titre personnel, il ne soutiendrait pas une telle approche.

Le processus de désignation du successeur de Theresa May débutera dans la semaine du 10 juin. Il se déroulera d'abord au sein du groupe Tory du Parlement. Une série de votes permettra de dégager deux finalistes, qui seront ensuite soumis à un vote des quelque 120.000 adhérents du parti.

(Kylie MacLellan et David Milliken; Henri-Pierre André pour le service français)