L'opposition soudanaise appelle à poursuivre la contestation
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Soudan: le cmt annule tous les accords avec l'opposition
Stringer .
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Soudan: le cmt annule tous les accords avec l'opposition
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par Khalid Abdelaziz
KHARTOUM (Reuters) - Au lendemain de la dispersion meurtrière des manifestants rassemblés devant le quartier général de l'armée, à Khartoum, l'opposition soudanaise a appelé mardi à poursuivre une campagne de désobéissance civile pour obtenir le départ des militaires.
Dans une allocution télévisée, le général Abdel Fattah al Bourhan, numéro un du Conseil militaire de transition (CMT), au pouvoir depuis la destitution du président Omar el Béchir le 11 avril, a annoncé l'annulation de tous les accords conclus avec l'Alliance des Forces de la liberté et du changement, qui réunit représentants de l'opposition et de la société civile. Il a proposé la tenue d'élections dans un délai de neuf mois.
L'officier a par ailleurs promis l'ouverture d'une enquête sur l'intervention des forces de l'ordre, qui a fait 35 morts parmi les manifestants, selon l'opposition.
L'Association des professionnels soudanais (APS), membre de l'Alliance et fer de lance de la contestation entamée en décembre dernier, a rejeté toutes ces décisions et réclamé une enquête internationale sur la dispersion du sit-in.
"Nous refusons tout ce qui a été annoncé dans la déclaration d'Al Bourhan", a annoncé Madani Abbas Madani, membre influent de l'Alliance. Accusant le CMT d'avoir délibérément tué et humilié les manifestants, il a invité les partisans de l'opposition à poursuivre leur campagne de désobéissance civile.
"Ce qui s'est produit, des manifestants tués, blessés, humiliés, était une opération systématique et planifiée afin d'imposer la répression au peuple soudanais", a-t-il ajouté.
L'atmosphère restait très tendue mardi à Khartoum, où de nombreuses barricades ont été érigées par des manifestants, de nombreuses boutiques ont baissé leurs rideaux, et les rues étaient quasiment vides. Les forces de sécurité ont tenté de détruire des barricades, a rapporté un journaliste de Reuters.
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"LE RÉGIME TOMBERA, PEU IMPORTE COMMENT"
A bord de leurs véhicules, des membres de la Force de réaction rapide, une unité paramilitaire, patrouillaient dans Omdurman, grande ville qui jouxte Khartoum, sur l'autre rive du Nil, et tiraient en l'air.
Les négociations entre les généraux qui ont déposé le président Omar Hassan el Béchir le 11 avril et l'Alliance pour la liberté et le changement sont dans l'impasse depuis plusieurs semaines.
Les deux parties se sont entendues sur le principe d'une période de transition de trois ans, mais les discussions butent sur la répartition des responsabilités entre civils et militaires.
"Nous pensons que l'affaire est désormais entre les mains du peuple soudanais", a estimé Omar Yousef, autre membre de l'Alliance. "Le peuple a véritablement commencé à dresser des barricades, il a réussi ses grèves, il se dirige vers la désobéissance civile. Le régime tombera, peu importe comment."
L'Alliance démocratique des avocats, qui fait partie de l'APS, a exhorté "certains pays arabes" à ne pas s'ingérer dans les affaires soudanaises et à ne plus soutenir le CMT.
Ces commentaires semblent viser l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et l'Egypte, qui cherchent à accroître leur influence au Soudan depuis la destitution de Béchir.
Le chef de la force de réaction rapide, le général Mohamed Hamdane Dagalo, est un allié de l'Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, dont il a soutenu l'intervention au Yémen.
Le Soufan Group, un institut d'études spécialisé dans les questions de sécurité et de renseignement, dit craindre une escalade de la violence.
"Il y a un vrai risque que la situation dégénère en guerre civile", écrit le think tank dans une note.
Pour Hamid Eltgani Ali, professeur à l'Université américaine du Caire, le mouvement de protestation finira par contraindre les militaires à rendre le pouvoir.
Deux visions du futur s'affrontent, a-t-il dit à Reuters.
"La vision de la haine et de la division est celle des Janjawids (milices progouvernementales) et des militaires qui résistent pour préserver leurs intérêts économiques dont ils jouissaient sous le règne de Béchir. La vision de l'espoir est celle des syndicats et des associations de professionnels. Ils veulent un Soudan démocratique, ouvert, axé sur le développement", a-t-il estimé.
(Avec Ali Abdelaty, Nadine Awadalla et Yousef Saba; Arthur Connan, Jean-Philippe Lefief et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
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