Le Mexique espère trouver un terrain d'entente avec Washington
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Le mexique espere trouver un terrain d'entente avec washington
Alexander Drago
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Le mexique espere trouver un terrain d'entente avec washington
Alexander Drago
WASHINGTON/MEXICO (Reuters) - Le Mexique a dit s'attendre mardi à trouver un compromis avec les Etats-Unis lors de leurs négociations sur l'immigration et les droits de douane à Washington.
Le président Andrés Manuel López Obrador s'est déclaré "optimiste", convaincu qu'un accord serait conclu avant le 10 juin, date à partir de laquelle Donald Trump menace d'appliquer des taxes de 5% sur tous les produits importés du Mexique.
Son homologue américain Donald Trump, en visite d'Etat à Londres, a au contraire jugé probable de voir sa menace mise à exécution. "Nous allons ce que nous pouvons faire, mais je pense qu'il est plus probable que les tarifs seront appliqués", a-t-il dit, appelant Mexico à faire cesser une "invasion" de migrants aux Etats-Unis.
Le chef de la diplomatie mexicaine, Marcelo Ebrard, est à Washington où il doit entamer mardi un deuxième jour de discussions avec les responsables américains, discussions qui devraient se prolonger mercredi, a-t-il dit.
"Nous allons trouver un terrain d'entente, je pense", a déclaré Ebrard lors d'une conférence de presse à l'ambassade du Mexique à Washington. "Nous sommes prêts" à négocier, a-t-il ajouté, qualifiant les discussions de "productives".
Le ministre mexicain a déclaré que sa délégation allait présenter mercredi aux responsables américains une proposition sur l'immigration qui devrait servir de base aux discussions.
Le président américain a menacé la semaine dernière d'appliquer à compter du 10 juin des droits de douane de 5% sur tous les produits importés du Mexique puis de les relever dans les mois suivants jusqu'à 25% si les autorités mexicaines n'agissaient pas pour freiner l'immigration clandestine à la frontière avec les Etats-Unis.
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Marcelo Ebrard répond que le Mexique est déterminé à poursuivre ses efforts pour empêcher les migrants en provenance d'Amérique centrale d'atteindre la frontière américaine.
Il rejette les accusations de Trump, selon qui le Mexique ne fait "rien" pour aider, précisant que sans ses efforts, 250.000 migrants supplémentaires atteindraient les Etats-Unis.
MEXICO REFUSE LE STATUT DE "PAYS D'ASILE SÛR"
Le Mexique interpelle aujourd'hui deux fois plus de migrants qu'il y a un an, trois fois plus qu'en janvier, quand le nouveau gouvernement mis en place par Lopez Obrador avait commencé à délivrer les visas aux migrants originaires d'Amérique centrale, en tablant sur le fait qu'ils resteraient au Mexique, ce qui ne s'est pas produit.
La plupart ont au contraire continué leur chemin vers les Etats-Unis et le gouvernement mexicain, sous la pression de Washington, a changé de stratégie. Le mois dernier, le nombre d'arrestations a connu un pic à plus de 20.000.
Marcelo Ebrard a cependant indiqué que la proposition, privilégiée par certains responsables américains, d'accorder le statut de "pays tiers sûr" au Mexique n'était pas envisageable.
"Un accord concernant le statut de pays tiers sûr n'est pas acceptable pour le Mexique", a-t-il dit aux journalistes à Washington. "Ils ne me l'ont pas encore proposé. Mais ce ne serait pas possible et ils le savent".
Si le Mexique devait assumer ce rôle de "pays tiers sûr", les demandeurs d'asile seraient contraints de faire leur demande pour le statut de réfugié au Mexique plutôt qu'aux Etats-Unis.
En théorie, un tel statut réduirait le nombre de nouveaux demandeurs d'asile d'Amérique centrale à quasiment zéro. Retirer cette proposition des discussions laisse toutefois moins d'options au Mexique pour empêcher l'application des droits de douane.
L'ultimatum lancé par Trump est le plus gros dossier que doive gérer Andres Manuel Lopez Obrador en matière de politique extérieure depuis son accession à la présidence du Mexique, en décembre dernier.
L'économie mexicaine dépend fortement de ses exportations vers les Etats-Unis. Le PIB mexicain s'est contracté au premier trimestre; l'entrée en vigueur de droits de douane l'entamerait davantage encore.
Ce nouveau front ouvert dans les conflits commerciaux qui opposent les Etats-Unis à leurs partenaires a secoué les places financières.
(Frank Jack Daniel et Alexandra Alper, avec Dave Graham à Mexico, Makini Brice et Susan Heavey à Washington; Henri-Pierre André, Arthur Connan et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)
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