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Les Tories resserrent la succession de Theresa May

reuters.com

Publié le 04 juin 2019 à 17:29 - Mis à jour le 12 décembre 2024 à 23:33

Deux candidats de moins pour succeder a theresa may

Deux candidats de moins pour succeder a theresa may

Hannah Mckay

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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LONDRES (Reuters) - Le Parti conservateur au pouvoir en Grande-Bretagne a adopté mardi de nouvelles règles pour resserrer la course à la succession de Theresa May, dont deux candidats se sont retirés, rapporte la chaîne Sky News.

La Première ministre britannique, incapable de faire ratifier l'accord sur le Brexit négocié avec les Européens, démissionnera vendredi de la tête du parti Tory et expédiera les affaires courantes le temps que son successeur, qui prendra aussi la tête du gouvernement, soit désigné.

Onze candidats sont encore en lice, parmi lesquels l'ancien ministre des Affaires étrangères et ex-maire de Londres, Boris Johnson, qui a reçu un soutien appuyé de la part du président américain Donald Trump, actuellement en visite d'Etat à Londres.

Le processus doit débuter la semaine prochaine, et le parti espère mener la procédure à son terme avant la fin juillet. Le nouveau Premier ministre disposera alors théoriquement de trois mois pour réussir là où May a échoué: la nouvelle date du Brexit est désormais fixée au 31 octobre.

Les nouvelles règles dévoilées par Sky News prévoient qu'un candidat devra se prévaloir de la signature de huit élus conservateurs pour faire enregistrer sa candidature, un seuil relevé par rapport aux précédentes "primaires" du parti Tory.

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Une première phase se déroulera au niveau du groupe parlementaire du parti Tory qui réduira le champ des candidatures par une série de votes.

Il faudra réunir au moins 5% des voix des parlementaires pour franchir le premier tour, précise Sky News. Au second tour, ce seuil sera porté à 10%. Par la suite, le parti reviendra aux anciennes règles, avec élimination à chaque tour du candidat ayant obtenu le moins de voix.

Les deux derniers candidats en lice seront départagés par les quelque 160.000 adhérents du parti, appelés à se prononcer par voie postale.

La direction du parti a annoncé que le premier tour de scrutin parlementaire aurait lieu le 13 juin. Les tours suivants sont programmés les 18, 19 et 20 juin. Quant au vote des adhérents, il sera achevé dans la semaine du 22 juillet.

Onze prétendants restent en lice après la décision, annoncée mardi, de James Cleverly et de Kit Malthouse de se retirer de la course.

BORIS JOHNSON

Agé de 54 ans, l'ancien secrétaire au Foreign Office de Theresa May, qui fut aussi maire de Londres, a les faveurs des sondages et des "bookmakers".

Commentant l'annonce du retrait de la Première ministre, il a déclaré que le Royaume-Uni quitterait l'Union européenne au 31 octobre prochain, "avec ou sans accord".

Hostile à la tenue d'un second référendum, il estime qu'"aucun être sensé ne viserait exclusivement une sortie sans accord" mais ajoute dans le même temps qu'"aucun être sensé n'exclurait un No-Deal".

DOMINIC RAAB

L'ancien ministre du Brexit, âgé de 45 ans, n'est resté que cinq mois en fonctions avant de quitter le gouvernement May, jugeant que l'accord de retrait négocié avec les Européens n'était pas à la hauteur des promesses du Parti conservateur.

Il entend renégocier un "accord plus équitable" avec Bruxelles mais ne souhaite pas repousser la date du Brexit, désormais fixée au 31 octobre, quitte à sortir sans accord. Mais alors, ajoute-t-il, le Royaume-Uni ne paiera qu'une fraction des 39 milliards de livres sterling (45 milliards d'euros environ) de la facture du divorce (couvrant les engagements financiers pris par Londres dans le cadre de l'actuel budget pluriannuel communautaire).

MICHAEL GOVE

Aujourd'hui âgé de 51 ans, l'actuel ministre de l'Environnement fut l'une des principales figures du mouvement en faveur du "Leave" lors de la campagne pour le référendum du 23 juin 2016.

Entré en campagne le 26 mai, il se dit "prêt à unir les conservateurs et le parti unioniste (ndlr, le DUP, force d'appoint indispensable à la majorité conservatrice à la Chambre des communes), prêt à concrétiser le Brexit et prêt à diriger ce grand pays".

ANDREA LEADSOM

Militante du Brexit lors de la campagne référendaire, Andrea Leadsom, 56 ans, était ministre chargée des Relations avec le Parlement. En désaccord avec la stratégie de la Première ministre, elle en a démissionné avant que May n'annonce son retrait.

A l'été 2016, après la démission de David Cameron consécutive à la victoire du camp du Leave, elle s'était déjà portée candidate à la direction du Parti conservateur et donc à la tête du 10, Downing Street.

"Finaliste" face à May, elle avait retiré sa candidature avant le vote des militants, payant le prix d'une interview dans laquelle elle expliquait que sa qualité de mère de famille la qualifiait davantage que sa rivale pour la suite des événements. Sa sortie avait été jugée injuste pour May, qui n'a pas eu d'enfants.

JEREMY HUNT

L'ancien ministre de la Santé âgé de 52 ans a succédé à Boris Johnson à la tête du Foreign office en juillet 2018. Partisan d'un maintien dans l'Union européenne lors du référendum de 2016, il prône aujourd'hui une renégociation de l'accord de retrait - ce que Bruxelles exclut pour l'heure - et propose la formation d'une nouvelle équipe de négociateurs, englobant davantage de sensibilités, une solution qu'il tient pour le meilleur moyen d'éviter un "no deal" qui serait un "suicide politique".

Hunt table sur les "promesses de la technologie" pour régler la question de la frontière irlandaise, au coeur du blocage à Londres.

Il refuse de menacer de sortir sans accord à la date du 31 octobre.

RORY STEWART

Ancien diplomate âgé de 46 ans, passé par Eton, Rory Stewart, randonneur aguerri qui a traversé à pied l'Iran, l'Afghanistan, le Pakistan, l'Inde et le Népal, a été promu courant mai au rang de ministre du Développement international.

Partisan d'un maintien dans l'UE lors du référendum de 2016, il s'oppose à une sortie sans accord et défend l'accord négocié par Theresa May avec Bruxelles. Il dit vouloir un divorce "pragmatique et modéré".

SAJID JAVID

Ancien banquier âgé de 49 ans, libéral convaincu, le ministre de l'Intérieur, qui a affiché un portrait de Margaret Thatcher dans son bureau, a voté pour le "remain" en 2016 alors qu'il était plutôt considéré comme un eurosceptique.

Il juge qu'il n'y a pas grand chose à craindre d'un divorce sans accord, soulignant que le Royaume-Uni aura quoi qu'il arrive "la capacité de se protéger".

MATT HANCOCK

Ancien économiste à la Banque d'Angleterre, le ministre de la Santé, âgé de 40 ans, a lui aussi voté pour le "remain" en 2016.

Sortir de l'UE sans accord n'est pas une option, dit-il, expliquant que le Parlement ne le permettrait pas.

ESTHER MCVEY

A 51 ans, l'ancienne présentatrice de télévision a démissionné de son rang de ministre du Travail et des Retraites en novembre dernier pour marquer son rejet de l'accord négocié par May.

Partisane du Brexit, son objectif est de faire en sorte que le Royaume-Uni quitte l'UE à la date du 31 octobre, avec ou sans accord.

"Nous ne demanderons pas d'autres extensions", a-t-elle ajouté, soulignant que des reports à répétition ne faisaient qu'alimenter une "incertitude corrosive" dont "les Britanniques, les entreprises et le pays ne veulent pas".

MARK HARPER

Député conservateur âgé de 49 ans, cet ancien "chief whip" chargé de la discipline parlementaire sous David Cameron, Harper, redevenu député de base, explique sa candidature par la nécessité de renouveler la classe politique.

"Au fond, nous voyons les mêmes visages disant les mêmes choses depuis trois ans", a-t-il dit dans une interview au Daily Telegraph lançant sa candidature. Il reconnaît entrer en campagne avec un statut d'"outsider" mais estime qu'il a un avantage sur les ministres en lice qui, dit-il, "ont partagé la responsabilité" de l'échec du gouvernement May à concrétiser le Brexit.

En 2016, il avait fait campagne pour le maintien dans l'UE mais assure que s'il devait revoter aujourd'hui, il ferait le choix inverse.

Harper estime qu'il faut repousser la date du Brexit, seule possibilité selon lui d'obtenir un bon accord.

Secrétaire d'Etat à l'immigration sous Cameron, il avait été contraint à la démission en 2014, la presse ayant révélé que sa femme de ménage n'avait pas de papiers en règle.

SAM GYIMAH

A 42 ans, cet ancien banquier et entrepreneur est le seul candidat à défendre l'idée d'un second référendum sur le Brexit.

Elu au Parlement en 2010, il a été nommé en janvier 2018 secrétaire d'Etat aux universités, poste dont il a démissionné dix mois plus tard, en désaccord avec l'accord négocié par Theresa May et les Européens.

"Le Parlement est dans une impasse, nous le savons tous, a-t-il dit. Nous voulons pouvoir rassembler le pays, et c'est pourquoi je pense qu'un dernier mot (au peuple) sur l'accord du Brexit est une manière d'y arriver. Je serai le seul candidat à proposer cette option."

(Kylie MacLellan, William James et Elizabeth Piper; Henri-Pierre André pour le service français)

reuters.com

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