A Khartoum, une pluie de balles et des médecins démunis
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A khartoum, une pluie de balles et des medecins demunis
Stringer .
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A khartoum, une pluie de balles et des medecins demunis
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par Michael Georgy
KHARTOUM (Reuters) - Dans le chaos qui a suivi l'assaut des forces de sécurité soudanaises contre le campement des manifestants qui réclamaient davantage de démocratie à Khartoum, un étudiant en médecine a vu un homme grimacer de douleur pendant qu'un médecin lui recousait l'oreille sans anesthésie.
Le blessé essayait d'aider un autre homme qui se trouvait à ses côtés, lui aussi victime de la répression brutale qui a fait au moins 60 morts, selon une association de médecins proche des manifestants.
"Il n'a pas bronché parce qu'il tenait la main de l'autre blessé dont on extrayait une balle de la jambe, et qui souffrait atrocement", a raconté l'étudiant en médecine à Reuters.
"Il criait, hurlait, s'évanouissait. Tout le monde essayait de le calmer donc cet homme lui tenait la main pour qu'il ne bouge pas."
L'étudiant a demandé à conserver l'anonymat par crainte de représailles. Reuters n'a pas pu vérifier l'exactitude de son témoignage.
L'opération militaire lancée lundi contre le campement des manifestants devant le ministère de la Défense a porté un coup sévère aux espoirs d'une transition démocratique au Soudan après l'éviction de l'ancien dictateur Omar el Béchir par l'armée le 11 avril.
Les discussions entre l'opposition et le Conseil militaire de transition (CMT) au pouvoir sont désormais rompues.
Les opposants, qui ont appelé mardi à la désobéissance civile, ont rejeté mercredi une offre de reprise du dialogue "sans conditions" des militaires.
L'ASSAUT LANCÉ À L'AUBE
L'étudiant en médecine et un autre étudiant qui participait au sit-in ont indiqué que l'assaut avait été lancé à l'aube par les forces de réaction rapide (RSF), une milice arabe connue jusqu'à récemment sous le nom de Janjawid.
Cette unité paramilitaire commandée par le général Mohamed Hamdane Dagalo, dit Hemedti, a notamment été accusée par des organisations de défense des droits de l'homme de tentative de génocide pendant le conflit ethnique au Darfour en 2003.
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Elle a depuis combattu au Yémen au sein de la coalition arabe sous commandement saoudien qui y affronte les Houthis. Quelques heures après le coup d'Etat contre Omar el Béchir, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis ont promis des milliards de dollars d'aide aux nouveaux dirigeants soudanais, dont les RSF apparaissent comme le principal bras armé.
Selon l'étudiant en médecine, les premiers coups de feu ont éclaté vers 05h00 du matin et les blessés par balles ont aussitôt afflué dans la clinique où il s'est précipité pour proposer son aide.
"Les gens crachaient du sang, s'étouffaient dans leur propre sang, s'y noyaient en réalité", a-t-il raconté.
Les médecins ont soigné à vif un homme dont le crâne avait éclaté. "Il envoyait des coups dans tous les sens. Il a fallu s'y mettre à cinq pour l'immobiliser pour refermer la blessure."
Les assaillants lui ont semblé jeunes et peu disciplinés. Ils ont notamment ouvert le feu à l'intérieur de la clinique dans laquelle il se trouvait, a-t-il dit, avant qu'un médecin n'arrive à les raisonner.
L'autre étudiant auquel Reuters a parlé, qui a lui aussi voulu rester anonyme, a raconté qu'une trentaine de miliciens étaient d'abord arrivés sur le site du campement.
Selon lui, ils ont rapidement été suivis par des centaines d'autres qui frappaient à coups de matraques et de bâtons tous ceux qui tentaient de s'échapper du sit-in, tandis que des tireurs embusqués sur les toits des immeubles voisins ouvraient le feu sur les fuyards.
Les RSF n'ont pas répondu aux sollicitations de Reuters mais leur chef, Hemedti, a déclaré via la télévision d'Etat qu'une enquête "honnête et transparente" serait menée.
"Notre mission la plus importante est de mettre fin à l'insurrection et aux infiltrations", a-t-il ajouté.
(Tangi Salaün pour le service français, édité par Henri-Pierre André)
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