COR-Brésil: Sergio Moro et les procureurs de "Lava Jato" au coeur d'un scandale
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Bresil: sergio moro et les procureurs de "lava jato" au coeur d'un scandale
Adriano Machado
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Bresil: sergio moro et les procureurs de "lava jato" au coeur d'un scandale
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SAO PAULO (Reuters) - (Bien lire au premier paragraphe que Moro est un ancien juge fédéral)
Le ministre brésilien de la Justice, Sergio Moro, et des procureurs fédéraux se sont précipités lundi pour répondre aux révélations publiées par le site américain The Intercept, qui soulèvent des questions sur l'impartialité de l'ancien juge fédéral chargé de l'enquête "Lava Jato" (Nettoyage express), qui a fait condamner l'ex-président Lula pour corruption.
The Intercept, site fondé par le journaliste Glenn Greenwald, a eu accès à un grand volume de messages privés échangés entre Moro et les procureurs fédéraux via la messagerie cryptée Telegram et obtenus auprès d'une source anonyme.
Les extraits, publiés dimanche, incluent des échanges au cours desquels Sergio Moro fait des suggestions aux procureurs sur l'objet, le rythme et le déroulement des enquêtes.
Les avocats de Luiz Inacio Lula da Silva, icône de gauche qui reste l'une des figures de l'opposition les plus influentes au Brésil, ont demandé à la Cour suprême sa libération et ont invoqué ces informations pour faire annuler sa condamnation.
S'exprimant à Brasilia lundi, Sergio Moro a estimé que les messages diffusés jusqu'à présent ne montraient aucune conduite inappropriée de sa part.
"Concernant le contenu des messages qui me citent, il n'y a aucun signe d'anomalie ou de pilotage des actions en tant que magistrat, malgré le fait qu'ils aient été sortis de leur contexte", dit-il dans un communiqué.
Il a également reproché à The Intercept de ne pas nommer "la personne responsable de l'intrusion criminelle dans les téléphones portables des procureurs".
Avant de devenir ministre de la Justice en janvier, Moro dirigeait la plus vaste enquête au Brésil contre la corruption, l'opération "Lava Jato", centrée sur des entreprises du BTP qui ont arrosé de pots-de-vin des responsables politiques et d'anciens cadres d'entreprises nationales en échange de contrats avec la compagnie pétrolière nationale Petroleo Brasileiro (Petrobras) et avec d'autres sociétés.
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L'ex-président Lula, déclaré inéligible, n'a pu se présenter à la présidentielle d'octobre remportée par le candidat d'extrême droite, Jair Bolsonaro.
Certains extraits publiés par The Intercept montrent les procureurs discuter de la manière d'empêcher les journalistes d'interviewer Lula en prison pendant la campagne présidentielle l'an dernier. Un message attribué à l'une des procureurs, Laura Tessler, laisse entendre qu'une telle interview pourrait aider Lula à remplacer le candidat du Parti des travailleurs (PT).
L'équipe des procureurs fédéraux citée dans les messages a également réagi aux informations du site américain, estimant avoir bien agi tout au long de l'enquête.
Dans un communiqué, ils considèrent avoir été la cible d'un piratage informatique, ajoutant qu'ils craignaient que des messages ne soient sortis de leur contexte et éventuellement falsifiés.
Un porte-parole de Jair Bolsonaro a indiqué pour sa part qu'il n'avait pas encore discuté des révélations avec Sergio Moro et qu'il voulait d'abord en discuter directement avec lui avant de prendre toute décision.
(Brad Brooks, avec Ricardo Brito et Lisandra Paraguassu à Brasilia; Arthur Connan pour le service français)
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