Succession de May: Boris Johnson vire largement en tête au premier tour
reuters.com

Succession de may: boris johnson vire en tete au premier tour
Simon Dawson
reuters.com

Succession de may: boris johnson vire en tete au premier tour
Simon Dawson
par Elizabeth Piper et Kylie MacLellan
LONDRES (Reuters) - Boris Johnson, qui s'est engagé à mettre en oeuvre le Brexit à la date du 31 octobre, est arrivé largement en tête jeudi du premier tour de scrutin pour la succession de Theresa May, réunissant sur son nom les voix de 114 des 313 députés conservateurs britanniques ayant pris part au vote.
L'ancien maire de Londres qui brigue la tête du Parti conservateur et du gouvernement devance de 71 voix son plus proche rival, l'actuel ministre des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, (43 voix).
Le ministre de l'Environnement Michael Gove (37) et l'ex-ministre du Brexit Dominic Raab (27) suivent, devant le ministre de l'Intérieur, Sajid Javid (23), Matt Hancock, ministre de la Santé, (20) et l'ancien diplomate Rory Stewart (19).
Trois candidats n'ont pas obtenu les 16 voix nécessaires pour se maintenir et sont éliminés de la course: il s'agit de Mark Harper, d'Andrea Leadsom, ancienne ministre chargée des Relations avec le Parlement, et d'Esther McVey.
"Merci à mes amis et collègues conservateurs et du parti unioniste pour votre soutien. Je suis ravi de remporter ce premier tour, mais nous avons un long chemin à parcourir", a réagi Boris Johnson.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

Les sept candidats encore en lice seront soumis à un deuxième tour, mardi prochain, où le seuil passera à 32 voix. D'autres tours de scrutin sont programmés les mercredi et jeudi suivants.
Les deux derniers candidats encore en lice seront ensuite départagés par les adhérents du parti Tory, avec résultat de ce vote par voie postale attendu dans le courant de la semaine du 22 juillet.
Trois ans après le référendum du 23 juin 2016, par lequel les électeurs britanniques ont voté à 52% pour une sortie de l'Union européenne, Boris Johnson se rapproche du 10, Downing Street.
Fort de son score, celui qui fut une des figures de proue de la campagne pour le "Leave" lors de la campagne référendaire est désormais donné à 70% vainqueur de la "primaire" par les "bookmakers".
À PÉRIODE GRAVE, DIRIGEANT SÉRIEUX, PLAIDE HUNT
En dépit de la large avance obtenue par Boris Johnson, aucun de ses rivaux encore en course ne semblait enclin à se retirer jeudi pour accélérer le processus. Certains ont même rapidement mis en garde contre les conséquences d'une victoire finale de Johnson, histrion du Parti conservateur dont la position sur les relations avec l'Union européenne a varié au fil des ans.
Jeremy Hunt a ainsi averti ses collègues des Communes que les enjeux avaient "rarement été aussi élevés" dans l'histoire du Royaume-Uni. "Cette période grave réclame un dirigeant sérieux", a-t-il tweeté.
L'ex-diplomate Rory Stewart, qui a reproché à Boris Johnson de faire des promesses qu'il ne peut pas tenir, a affiché son optimisme sur la suite de sa candidature. "Il est de plus en plus évident, a-t-il dit, que c'est moi contre Boris."
L'ancien secrétaire au Foreign Office, qui lançait officiellement sa campagne mercredi, a promis de respecter l'échéance du 31 octobre pour la rupture avec l'Union européenne.
"Après trois ans et le report de deux dates limites, nous devons quitter l'UE le 31 octobre", a-t-il déclaré.
Johnson a ajouté qu'en insistant sur la possibilité d'un divorce sans accord, il pourrait contraindre les Européens à accepter de renoncer au "backstop" nord-irlandais, ce mécanisme censé éviter le retour d'une frontière entre la république d'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord sur lequel s'est focalisée l'hostilité des "Brexiters" à la Chambre des communes.
Mais la Commission européenne a clairement indiqué qu'il n'était pas question de renégocier l'Accord de retrait conclu en novembre dernier avec Theresa May.
"A la lumière de l'incertitude prolongée au Royaume-Uni et de la situation politique intérieure globale, le scénario d'un 'no deal' le 1er novembre 2019 reste une issue possible quoique indésirable", a rappelé la Commission mercredi.
(Henri-Pierre André pour le service français)
reuters.com