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L'ex-président soudanais Omar Hassan el Béchir sera jugé pour corruption

reuters.com  |   |  328  mots
L'ex-president soudanais omar hassan el bechir sera juge pour corruption[reuters.com]
(Crédits : Mohamed Nureldin Abdallah)

KHARTOUM (Reuters) - Omar Hassan el Béchir, président déchu du Soudan, sera prochainement jugé pour corruption, a annoncé le procureur en chef Alwaleed Sayed Ahmed Mahmoud lors d'une conférence de presse.

Le renvoi devant un tribunal sera décidé à l'expiration d'un délai d'une semaine, a-t-il précisé. Une quarantaine d'autres anciens responsables du régime soudanais sont également visés par des affaires de corruption.

Omar Hassan el Béchir, qui a été renversé par l'armée en avril dernier après plusieurs mois de contestation, a déjà été inculpé le mois dernier pour incitation et participation à la mort de manifestants.

L'ex-président, qui était au pouvoir depuis 1989, est par ailleurs soupçonné de blanchiment d'argent et financement d'organisations terroristes.

Le procureur Alwaleed Sayed Ahmed Mahmoud s'est par ailleurs démarqué de l'intervention sanglante du 3 juin dernier contre un campement de l'opposition devant le ministère de la Défense, dans le centre de Khartoum, qui fait plusieurs dizaines de morts.

Les occupants du campement réclamaient que les militaires du Comité militaire de transition (CMT) restituent le pouvoir aux civils.

Mahmoud a déclaré avoir participé à une réunion avec les militaires avant cette intervention. Mais il a ajouté que cette réunion portait sur le contrôle judiciaire du démantèlement d'un autre secteur de la capitale, à proximité du campement de l'opposition, et utilisé par des groupes criminels.

La dispersion du campement des opposants, a dit le procureur en chef, n'a pas fait l'objet de discussions lors de cette réunion avec la junte.

Un porte-parole du CMT a reconnu jeudi que les généraux au pouvoir à Khartoum avaient planifié cette dispersion mais a assuré qu'il n'était pas dans leur intention de recourir à la violence.

D'après un collectif de médecins liés à l'opposition, l'intervention a fait 118 morts. Le CMT fait pour sa part état de 61 morts.

(Khalid Abdelaziz; Henri-Pierre André pour le service français)