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La Chine doit davantage ouvrir ses marchés à l'Allemagne, dit Altmaier

reuters.com  |   |  653  mots
La chine doit davantage ouvrir ses marches a l'allemagne, dit altmaier[reuters.com]
(Crédits : Fabrizio Bensch)

par Michael Nienaber et Christian Kraemer

BERLIN (Reuters) - La Chine doit ouvrir ses marchés et proposer des règles claires aux entreprises allemandes, a déclaré le ministre de l'Economie Peter Altmaier à Reuters avant un déplacement à Pékin, au cours duquel il entend aussi évoquer les dossiers sensibles de la protection de la propriété intellectuelle et des surcapacités sur le marché de l'acier.

Les pratiques chinoises en matière de commerce ont suscité l'ire du président américain Donald Trump qui a lancé un engrenage de tarifs douaniers dommageable pour la croissance mondiale. L'Allemagne veut aussi voir la Chine évoluer, mais espère y parvenir par la négociation.

"La Chine et l'Union européenne sont des partenaires économiques mais aussi des concurrents", a dit Peter Altmaier dans l'interview accordée lundi. Les entreprises allemandes doivent avoir les mêmes possibilités en Chine que les firmes chinoises en Allemagne, a-t-il fait valoir.

"On a besoin de jouer sur le même terrain, ce qui signifie ni discrimination ni désavantages."

Au cours de sa visite de trois jours en Chine, le ministre allemand rencontrera de hauts responsables chinois parmi lesquels le vice-Premier ministre Liu He, qui est le principal conseiller économique du président Xi Jinping.

Peter Altmaier a noté que le gouvernement chinois veillait à protéger ses intérêts économiques dans le monde pour les prochaines décennies avec des initiatives comme les Nouvelles Routes de la soie, un vaste programme de liaisons maritimes et de voies ferroviaires entre la Chine et l'Europe.

"Les Européens ont entamé trop tard une réflexion similaire", a-t-il déploré, tout en ajoutant que le débat sur la stratégie industrielle de l'Europe évolue et que Bruxelles est désormais plus sensible à la protection de ses intérêts économiques et à la sécurisation de ses marchés à l'export.

"Ce sera l'une des principales missions de la nouvelle Commission", a-t-il ajouté.

RÉFORMER L'OMC

L'Union européenne, a encore observé Peter Altmaier, est le seul grand bloc commercial du monde à prôner une réforme de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) sans condition préalable.

"Nous voulons que soient discutés des sujets contentieux comme l'accès au marché et la protection de la propriété intellectuelle. Dans ce domaine, on est proches des Américains", a-t-il dit.

"D'un autre côté, nous voulons préserver le principe de multilatérales. Nous voulons assurer que l'OMC reste fonctionnelle. Il faudrait donc nommer de nouveaux juges pour l'organe de règlement des différends, qu'on désigne par le terme d'Organe d'appel", a-t-il poursuivi.

"Dans ce domaine-là, on est d'accord avec la Chine pour dire qu'il faut trouver d'urgence une solution."

Donald Trump, hérissé par le pouvoir des juges de l'OMC qui selon lui outrepassent leur mandat, bloque les nominations à l'Organe d'appel.

A la question de savoir si Berlin soutient la création d'un système parallèle de règlement des litiges afin de contourner le veto américain, le ministre allemand a dit continuer d'espérer une solution négociée mais s'est montré prudemment ouvert à une alternative.

"On ne saura si on a besoin d'un plan B et à quoi il pourrait ressembler que lorsqu'on connaîtra l'issue des discussions", a-t-il dit.

Sur le dossier épineux des tarifs douaniers que Washington menace d'imposer aux voitures européennes, Peter Altmaier a précisé que l'Allemagne s'en tenait à son approche voulant que les différends commerciaux soient aplanis via la négociation et que soient évitées les mesures contraires aux règles de l'OMC.

"Les Etats-Unis et l'Union européenne doivent d'urgence entamer des négociations sur un accord commercial industriel" a-t-il dit. Un tel pacte, a-t-il ajouté, devrait abolir les taxes douanières pour tous les produits industriels dans les échanges transatlantiques.

(Véronique Tison pour le service français, édité par Marc Angrand)