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L'Iran dit ne pas vouloir la guerre

reuters.com  |   |  546  mots
L'iran ne veut faire la guerre a personne, dit rohani[reuters.com]
(Crédits : Keith Bedford)

par Babak Dehghanpisheh et Sylvia Westall

GENEVE/DUBAI (Reuters) - "L'Iran ne veut faire la guerre à aucun pays", a assuré le président Hassan Rohani, au lendemain de l'annonce de l'envoi de renforts militaires américains au Moyen-Orient.

"Nous avons en face de nous un groupe de dirigeants avec une très faible expérience", a-t-il poursuivi. "Malgré tous les efforts des Américains dans la région et leur volonté de couper tous nos liens avec le monde pour isoler l'Iran, ils ont échoué."

La crainte d'une confrontation armée entre l'Iran et les Etats-Unis s'est accrue depuis les attaques, la semaine dernière, de deux pétroliers dans le golfe d'Oman, près du détroit d'Ormuz.

Les Etats-Unis accusent les autorités iraniennes d'en être responsables, ce qu'elles nient.

Le secrétaire américain à la Défense par intérim Patrick Shahanan a annoncé lundi le déploiement d'un millier de soldats américains au Moyen-Orient pour une mission défensive visant à répondre, selon lui, à une menace de l'Iran.

Dans une interview accordée au Time Magazine, Donald Trump semble aussi minimiser l'hypothèse d'une réponse militaire aux attaques de pétroliers, dont il juge l'impact "mineur".

Interrogé sur sa réaction si l'Iran cherchait à obtenir la bombe atomique ou à bloquer le détroit d'Ormuz, il répond: "J'interviendrais certainement (militairement) pour l'arme nucléaire, pour le reste la question reste posée."

Dans cette période de tension, l'Iran a annoncé lundi qu'il dépasserait la semaine prochaine le plafond d'uranium faiblement enrichi qu'il est autorisé à stocker aux termes de l'accord de 2015 sur son programme nucléaire. Téhéran a cependant souligné que les pays européens pouvaient encore sauver l'accord.

"Nous faisons tout notre possible pour que l'Iran respecte (l'accord sur le nucléaire)", a répondu mardi la chancelière allemande Angela Merkel. "Si ce n'est pas le cas, cela aura bien sûr des conséquences."

La Russie a demandé de son côté aux Etats-Unis de renoncer à ses "projets provocateurs" et à ne pas déployer d'autres soldats au Moyen-Orient.

Le vice-ministre des Affaires étrangères Sergueï Riabkov a rappelé que son pays n'avait cessé de mettre en garde Washington et ses alliés régionaux contre la tentation d'"alimenter de façon irréfléchie et imprudente les tensions dans une région explosive".

"Nous assistons aujourd'hui aux tentatives américaines d'augmenter les pressions politiques, psychologiques, économiques et même militaires sur l'Iran, d'une manière vraiment provocatrice", a affirmé Sergueï Riabkov.

"Ce comportement ne peut être considéré que comme un moyen délibéré de provoquer une guerre", a-t-il ajouté.

Si les Etats-Unis ne veulent pas la guerre, a-t-il insisté, "ils doivent le prouver en n'envoyant pas de renforts militaires" au Moyen-Orient.

La Chine a également fait part de ses "vives inquiétudes" face à ce regain de tension et a appelé toutes les parties à la modération afin de ne pas "ouvrir la boîte de Pandore". Pékin a dénoncé les "politiques unilatérales" et a notamment appelé Washington à "revenir sur ses méthodes de pression".

(Avec Alexander Cornwell, Tom Balmforth et Maxim Rodionov, Ben Blanchard; Pierre Sérisier, Guy Kerivel et Tangi Salaün pour le service français)