Plan Kushner: L'OLP rejette le primat de l'économie sur le politique
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Plan kushner: l'olp rejette le primat de l'economie sur le politique
Kevin Lamarque
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Plan kushner: l'olp rejette le primat de l'economie sur le politique
Kevin Lamarque
GAZA (Reuters) - Des responsables palestiniens ont rejeté samedi l'approche retenue par Jared Kushner pour son plan de paix, consistant à privilégier le volet économique aux dépens du politique, et qui doit être présenté la semaine prochaine à Bahreïn.
Hanane Achraoui, l'une des hautes personnalités de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) a dit voir dans les propositions du gendre de Donald Trump des "promesses absolument abstraites", et a ajouté que seule une solution politique serait à même de régler le conflit avec Israël.
Le mouvement intégriste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a été plus tranchant, résumant sa position en une phrase: "La Palestine n'est pas à vendre".
Le volet économique du plan de paix du gendre et conseiller de Trump vise 50 milliards de dollars d'investissements sur dix ans, dont la construction d'un "corridor" reliant la Cisjordanie à la bande de Gaza, selon les responsables américains et des documents consultés par Reuters.
Plus de la moitié des 50 milliards de dollars d'investissements espérés seraient dépensés dans les territoires palestiniens, le reste dans la région - en Egypte, au Liban et en Jordanie. Certains projets verraient le jour au Sinaï, où ils pourraient profiter aux Palestiniens dans l'enclave de Gaza.
Le ministre israélien de l'Energie, Yuval Steinitz, a jugé le plan prometteur.
"Ce qui en a été publié jusqu'à présent semble bien, et même très bien. Nous sommes toujours pour le développement de l'économie palestinienne, la fin de la crise humanitaire à Gaza, et pour garantir la prospérité économique au sein des communautés palestiniennes", a-t-il dit à la chaîne israélienne Reshet TV.
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"Le monde entier veut aider les Palestiniens, sauf les Palestiniens".
Les Palestiniens ont réagi très différemment au plan du gendre de Trump.
"S'ils (les Américains) se préoccupent réellement de l'économie palestinienne, ils doivent commencer par lever le siège de Gaza, empêcher Israël de voler notre argent, nos ressources et nos terres, et lever le blocus s'exerçant sur les eaux territoriales, sur notre espace aérien et nos frontières, de sorte que nous puissions librement exporter et importer", a déclaré à Reuters par téléphone Hanane Achraoui, négociatrice palestinienne et membre du comité exécutif de l'OLP
Selon elle, la position de l'administration Trump va "totalement dans la mauvaise direction". "Ils ont la capacité à mettre fin à l'occupation, ce qui est l'exigence fondamentale pour la prospérité. Il ne peut y avoir de prospérité sous un régime d'occupation", a ajouté Achraoui.
Aucun représentant de l'OLP ni de l'Autorité palestinienne ne participera à la conférence à Bahreïn. La Maison blanche dit avoir décidé de ne pas inviter le gouvernement israélien parce que l'Autorité palestinienne serait absente.
A Gaza, un responsable du Hamas, Ismaïl Roudouane, a rejeté lui aussi les propositions de Kushner.
"Nous rejetons 'l'accord du siècle' et toutes ses dimensions, économique, politique, militaire", a-t-il dit à Reuters.
"Le problème du peuple palestinien, c'est un problème de nation, c'est le problème d'un peuple qui aspire à se libérer de l'occupation. La Palestine n'est pas à vendre, ce n'est pas une question de marchandage. La Palestine est une terre sacrée et il n'y a pas d'autre alternative à l'occupation qu'un retrait", a-t-il dit.
(Nidal al Mughrabi; Eric Faye pour le service français)
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