Italie: L'assignation à résidence de la capitaine du Sea-Watch levée
reuters.com

Italie: l'assignation a residence de la capitaine du sea-watch levee
GUGLIELMO MANGIAPANE
reuters.com

Italie: l'assignation a residence de la capitaine du sea-watch levee
GUGLIELMO MANGIAPANE
par Wladimiro Pantaleone
AGRIGENTE, Italie (Reuters) - Un tribunal d'Agrigente, en Sicile, a levé mardi l'assignation à résidence de Carola Rackete, capitaine du navire de l'ONG allemande Sea-Watch, arrêtée ce week-end à Lampedusa après avoir accosté de force à Lampedusa avec 41 migrants secourus au large de la Libye.
La juge Alessandra Vella a non seulement estimé qu'elle n'avait violé aucune loi, mais qu'elle avait accompli son devoir de protection de la vie humaine.
Sa décision a suscité l'indignation de Matteo Salvini, ministre italien de l'Intérieur et chef de la Ligue, mouvement d'extrême droite, qui a interdit aux organisations de secours aux migrants d'accoster dans les ports italiens.
"Je suis indigné, dégoûté, mais je n'abandonnerai pas", promet-il dans un communiqué. "Nous rétablirons coûte que coûte l'honneur, la fierté, le bien-être, l'espoir et la dignité en Italie", poursuit-il.
Le ministre, qui est également vice-président du Conseil, ajoute qu'il s'attendait à plus de sévérité de la part de la justice et promet d'expulser Carola Rackete le plus rapidement possible. La gauche italienne la considère comme une héroïne du combat contre le populisme.
L'Allemande âgée de 31 ans était poursuivie pour avoir mis en danger la vie de quatre policiers qui se trouvaient à bord d'une vedette des gardes-côtes heurtée par le Sea-Watch 3 au moment où il accostait de force, un accusation passible de dix ans de prison. Les autorités italiennes lui reprochent en outre d'avoir ignoré les ordres de la marine et de s'être rendue complice de passeurs, ce qui pourrait lui valoir d'autres poursuites.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

NOUVELLE PASSE D'ARMES ENTRE ROME ET PARIS
Le Sea-Watch 3, qui navigue sous pavillon néerlandais, est resté plus de deux semaines dans les eaux internationales avant que la capitaine ne décide d'accoster de force à Lampedusa.
Selon une source gouvernementale italienne, l'Allemagne a accepté d'accueillir une douzaine des 41 migrants qui se trouvaient à bord. France, Portugal, Finlande et Luxembourg se seraient également dits prêts à en recevoir.
Berlin avait réclamé lundi la remise en liberté de Carola Rackete, tandis que Paris, qui entretient des relations tendues avec Rome, a jugé le comportement de Matteo Salvini inacceptable.
"Je crois que le gouvernement italien, n'est effectivement pas à la hauteur de ce qu'il devrait être", a déclaré Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement français. "Le comportement de M. Matteo Salvini n'est pas un comportement acceptable (...) sur les sujets migratoires."
"Il est dans une stratégie d'hystérisation qui consiste à monter en épingle un sujet douloureux, complexe et pour lequel l'Union européenne et la France ont été solidaires vis-à-vis de l'Italie", a-t-elle ajouté sur l'antenne de BFMTV, ce qui lui a valu une riposte de l'intéressé.
"Mon comportement concernant l'immigration est inacceptable? Le gouvernement français devrait arrêter avec ces insultes et ouvrir ses ports", dit-il dans un communiqué. "Les Italiens ont déjà accueilli trop (de migrants) et dépensé trop d'argent. Les prochains bateaux? Qu'ils aillent à Marseille", ajoute Salvini.
(Avec Emmanuel Jarry à Paris, Jean-Philippe Lefief pour le service français)
reuters.com