Un rapport de l'Onu dénonce l'action d'"escadrons de la mort" au Venezuela
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Un rapport de l'onu denonce l'action d'"escadrons de la mort" au venezuela
DENIS BALIBOUSE
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Un rapport de l'onu denonce l'action d'"escadrons de la mort" au venezuela
DENIS BALIBOUSE
GENEVE (Reuters) - Les forces de sécurité vénézuéliennes ont arrêté et abattu des jeunes hommes, dissimulant ensuite de la drogue et des armes sur eux et procédant à des mises en scène pour faire croire que leurs victimes avaient opposé une résistance à leur arrestation, accuse un rapport des Nations unies publié jeudi.
Ces manipulations, poursuit le rapport, se sont inscrites dans une stratégie globale du gouvernement de Nicolas Maduro pour neutraliser l'opposition.
D'après des chiffres du gouvernement, le nombre de criminels tués alors qu'ils résistaient aux policiers tentant de les arrêter s'est élevé à 5.287 en 2018 et à 1.569 entre le début de l'année et le 19 mai dernier.
Pour les auteurs du rapport de l'Onu, ces chiffres sont exagérés.
Le rapport, qui s'appuie sur les témoignages de membres de leurs familles, évoque le sort de 20 jeunes hommes victimes d'"escadrons de la mort" des Forces d'action spéciale du Venezuela (FAES).
Ces commandos, se déplaçant à bord de véhicules sans plaques d'immatriculation, faisaient brutalement irruption dans leurs foyers, peut-on lire dans le rapport. "Ils séparaient les jeunes hommes des autres membres de la famille avant de les abattre", poursuit le document.
"Dans chaque cas, des témoins ont raconté comment les FAES avaient manipulé les scènes de crime et les preuves. Ils déposaient des armes et de la drogue, ouvraient le feu contre les murs ou en l'air pour faire croire à une confrontation et prouver que les victimes avaient résisté à leur autorité."
CARACAS DÉNONCE UN RAPPORT SÉLECTIF
Michelle Bachelet, Haut Commissaire de l'Onu aux droits de l'homme, s'est rendue le mois dernier au Venezuela.
Elle présentera ses conclusions vendredi devant le Conseil des droits de l'homme de l'Onu à Genève.
Le rapport publié jeudi indique que Nicolas Maduro, dont l'opposant Juan Guaido, président de l'Assemblée nationale, conteste la légitimité depuis le début de l'année, a adopté une stratégie visant à "neutraliser, réprimer et criminaliser les opposants politiques et les adversaires de son gouvernement".
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Dans sa réponse écrite, diffusée par l'Onu, le gouvernement vénézuélien estime que le rapport offre une "vision sélective et ouvertement partiale" de la situation des droits de l'homme dans le pays.
Caracas argue notamment que l'Onu s'est appuyée sur des "sources manquant d'objectivité" et a ignoré les données officielles.
"Une analyse qui privilégie des témoignages négatifs à l'extrême tout en dissimulant ou en minorant les mesures adoptées pour faire progresser les droits de l'homme n'est ni objective, ni impartiale", note le gouvernement vénézuélien.
Dans un communiqué, Michelle Bachelet annonce qu'elle a obtenu du gouvernement vénézuélien l'engagement de coopérer sur certains points particulièrement délicats, comme le recours à la torture, et d'autoriser des équipes de l'Onu à accéder librement à des centres de détention.
"J'espère sincèrement que les autorités étudieront de près toutes les informations contenues dans ce rapport et qu'elles suivront ses recommandations", ajoute l'ancienne présidente chilienne.
(Tom Miles; Henri-Pierre André pour le service français)
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