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Prison ferme requise contre des militants anti-migrants

reuters.com  |   |  441  mots
Prison ferme requise contre des militants anti-migrants[reuters.com]
(Crédits : Eric Gaillard)

GAP, Hautes-Alpes (Reuters) - Six mois de prison ferme ont été requis jeudi contre trois dirigeants ou militants du mouvement d'extrême droite Génération Identitaire devant le tribunal correctionnel de Gap pour avoir mené au printemps 2018 des actions anti-migrants au col de l'Echelle, un lieu de passage à six kilomètres de la frontière franco-italienne dans les Hautes-Alpes.

Le parquet a également requis 75.000 euros d'amende à l'encontre de l'association Génération Identitaire.

Le jugement a été mis en délibéré au 29 août.

Le président de Génération Identitaire, Clément Gandelin, seul présent à l'audience, le porte-parole du mouvement, Romain Espino, ainsi que Damien Lefèvre, un membre actif de l'association, étaient poursuivis pour "activités exercées dans des conditions de nature à créer dans l'esprit du public une confusion avec l'exercice d'une fonction publique".

Dénonçant un "procès rien d'autre que politique", Clément Gandelin a fait jouer son droit au silence après une brève déclaration et n'a répondu à aucune question du tribunal.Les trois hommes encourent une peine d'un an de prison et de 15.000 euros d'amende.

Dans son long réquisitoire, le procureur de la République de Gap Raphaël Balland, a pointé "le trouble sans conteste" apporté par la présence des militants d'extrême-droite.

La justice leur reprochait d'avoir porté des doudounes bleues ressemblant à celles des forces de l'ordre française lors de l'occupation du col de l'échelle le 21 avril 2018 par une centaine de personnes, mais aussi lors de patrouilles menées par des militants qui avaient duré jusqu'au 29 juin suivant.

Génération Identitaire avait également loué deux hélicoptères, un avion et utilisait des véhicules siglés au nom de l'opération "Defend Europe" lors de ces patrouilles.

Génération Identitaire avait revendiqué avoir remis quatre migrants à la police et en avoir signalé sept autres.

Le parquet de Gap avait classé une première fois un dossier pour violence ou acte raciste, avant qu'une circulaire du ministère de la Justice du 4 mai 2018 ne précise les infractions "visant les comportements hostiles à la circulation des migrants", dont celle de "confusion avec l'exercice d'une fonction publique".

Sept militants associatifs qui avaient participé à une marche entre l'Italie et la France le 23 avril 2018 pour protester contre la présence des identitaires au col de l'Echelle ont été condamnés à des peines allant jusqu'à quatre mois de prison ferme le 13 décembre dernier par le tribunal de Gap qui leur reprochait d'avoir facilité l'entrée d'étrangers sur le territoire national lors de cette manifestation.

(Marc Leras, édité par Yves Clarisse)