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La Turquie écartée du programme de développement du F-35

reuters.com  |   |  459  mots
La turquie ecartee du programme de developpement du f-35[reuters.com]
(Crédits : Gary Cameron)

WASHINGTON (Reuters) - La participation de la Turquie au programme de développement de l'avion de combat américain F-35 a été suspendue et le processus d'exclusion a débuté, ont fait savoir mercredi les Etats-Unis, qui menaçaient de le faire depuis qu'Ankara a décidé de se doter du système de défense antimissile russe S-400.

Les premiers éléments de ce système sont arrivés vendredi sur la base aérienne militaire de Mürted, au nord-ouest de la capitale turque.

"Les Etats-Unis et les autres partenaires du programme F-35 sont en accord avec cette décision de suspendre la Turquie et de lancer le processus visant à l'exclure officiellement", a déclaré la sous-secrétaire à la Défense lors d'un point de presse.

Ellen Lord a ajouté que les modifications apportées à la chaîne logistique allaient coûter entre 500 et 600 millions de dollars aux Etats-Unis, précisant que la Turquie fournissait plus de 900 pièces détachées permettant la fabrication du F-35.

A Ankara, qui a reproché aux Etats-Unis et à l'Europe de n'avoir présenté aucune alternative viable, le ministère des Affaires étrangères a déclaré que la décision de Washington n'était ni équitable, ni fondée sur aucun motif légitime.

Dans un communiqué, la diplomatie turque appelle les Etats-Unis à revenir sur ce qu'elle qualifie d'"erreur", soulignant que cette décision allait nuire aux relations stratégiques entre les deux alliés de l'Otan.

Les Etats-Unis cherchent depuis des mois à dissuader Ankara d'acquérir le système S-400 en insistant sur son incompatibilité avec les dispositifs de l'Otan, dont la Turquie occupe le flanc oriental.

"Le F-35 ne peut pas coexister avec une plate-forme de collecte de renseignements russe qui sera utilisée pour en apprendre davantage sur ses capacités de pointe", a souligné mercredi la Maison Blanche dans un communiqué.

A Aspen, dans le Colorado, où il participait à un forum annuel sur la sécurité, le secrétaire général de l'Otan a dit être inquiet de l'exclusion de la Turquie du programme de développement du F-35. Jens Stoltenberg a toutefois souligné qu'avions et radars turcs feraient toujours partie des systèmes de défense de l'Alliance.

Durant le sommet du G20 qui s'est tenu fin juin à Osaka, Donald Trump n'a pas exclu d'infliger des sanctions à la Turquie, tout en insistant sur la mauvaise gestion de ce dossier par son prédécesseur Barack Obama.

Si la Turquie a choisi les S-400, c'est parce que la précédente administration avait imposé des conditions draconiennes à l'acquisition de missiles Patriot américains, a-t-il expliqué.

(Idrees Ali et Phil Stewart, avec Ezgi Erkoyun à Istanbul; Jean-Philippe Lefief et Jean Terzian pour le service français)