Tunisie Décès du président Essebsi, nouvelle élection le 15/09
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Le president tunisien beji caid essebsi hospitalise
Handout .
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Le president tunisien beji caid essebsi hospitalise
Handout .
par Tarek Amara
TUNIS (Reuters) - Le président tunisien Béji Caïd Essebsi, qui a dirigé la Tunisie pendant sa phase de transition démocratique après la révolution de 2011 ayant mis fin au régime de Zine ben Ali, s'est éteint jeudi à l'âge de 92 ans.
Le président du parlement Mohamed Ennaceur, 85 ans, a prêté serment comme chef de l'Etat par intérim.
La date de l'élection présidentielle, qui était jusque-là fixée au 17 novembre, a été avancée au 15 septembre, a annoncé jeudi soir la commission électorale indépendante. Des élections législatives sont quant à elles prévues le 6 octobre.
L'annonce du décès du président a été faite par la présidence dans un communiqué. Le Premier ministre a décrété une période de deuil national de sept jours ainsi que l'annulation de toutes les festivités prévues.
Les funérailles nationales d'Essebsi se dérouleront samedi et la présidence a appelé les Tunisiens à l'unité, pour le bien du pays.
Le chef de l'Etat avait été admis mercredi dans un hôpital militaire. Selon son fils, Hafedh Caïd Essebsi, il souffrait d'un problème consécutif au "grave malaise" qu'il avait eu le mois dernier et qui avait nécessité une hospitalisation d'une semaine.
"Jeudi matin, le président de la République s'est éteint à l'hôpital militaire de Tunis", a indiqué la présidence sans préciser la cause de son décès. "La date de la cérémonie d'inhumation sera annoncée ultérieurement."
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Béji Caïd Essebsi a joué un rôle clé dans la transition démocratique entamée par la Tunisie en 2011 après la chute de l'autocrate Zine el Abidine Ben Ali.
L'accord de partage du pouvoir qu'il avait conclu entre son parti, Nidaa Tounes, et les islamistes d'Ennahda a permis de stabiliser la situation politique et d'éviter la dérive autocratique constatée dans d'autres pays touchés par le "printemps arabe", comme l'Egypte.
Béji Caïd Essebsi a néanmoins été critiqué par la suite par ses opposants pour être revenu sur certaines libertés acquises par les Tunisiens après la "révolution de jasmin".
LES ANALYSTES VOIENT UNE TRANSITION EN DOUCEUR
Assurant d'abord les fonctions de Premier ministre en 2011, il avait été élu chef de l'Etat trois ans plus tard lors de la première présidentielle démocratique au suffrage universel direct.
"Après la révolution, le président a dirigé le peuple pour éviter la confrontation, il a conduit la transition démocratique et s'est attelé à construire et achever les institutions constitutionnelles", a indiqué la présidence.
Selon l'analyste Ibrahim Ouslati, le décès d'Essebsi, l'un des plus vieux chefs d'Etat en exercice, ne devrait pas provoquer de bouleversements politiques en Tunisie.
"Je ne pense pas qu'il y aura de problèmes parce que les Tunisiens ont une constitution qui indique clairement que le président du parlement occupe la fonction de manière transitoire", a-t-il expliqué.
"Politiquement, il n'y aura pas de problèmes", a-t-il poursuivi. "La classe politique a suffisamment de conscience pour gérer cela intelligemment comme dans n'importe quel pays démocratique", a-t-il ajouté.
La Tunisie a été saluée comme la seule réussite démocratique des soulèvements du "printemps arabe" en se dotant d'une nouvelle constitution, en organisant des élections libres et en formant un gouvernement de coalition réunissant laïcs et islamistes modérés.
Ces avancées politiques n'ont pourtant pas été accompagnées par des avancées économiques de même importance. Le taux de chômage s'établit à 15% contre 12% en 2010 entretenant un mécontentement social, en raison d'une faible croissance et d'investissements limités.
La Tunisie a été largement épargnée par les violences qu'ont connues plusieurs autres Etats de la région bien que le pays ait été le théâtre de plusieurs attaques terroristes.
Les forces gouvernementales mènent notamment une lutte contre les groupes d'activistes dans les zones reculées près de la frontière avec l'Algérie.
(Tarek Amara; Tangi Salaün et Eric Faye pour le service français)
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