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Boris Johnson veut restaurer la grandeur de la Grande-Bretagne

reuters.com

Publié le 25 juillet 2019 à 12:17 - Mis à jour le 12 décembre 2024 à 23:23

Brexit: johnson conditionne un accord a l'abolition du "backstop"

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par Kylie MacLellan et Guy Faulconbridge

LONDRES (Reuters) - Le nouveau Premier ministre britannique, Boris Johnson, a affiché jeudi son intention de restaurer la grandeur de son pays, en écho à la rhétorique du président américain Donald Trump, dans son discours inaugural devant la Chambre des Communes.

Boris Johnson, dont le président américain a dit qu'il était le Trump britannique, a promis de conclure un nouvel accord de divorce entre son pays et l'Union européenne, et d'insuffler une nouvelle vigueur dans l'économie britannique après ce qu'il a présenté comme la morosité de la période Theresa May.

A son arrivée mercredi au 10, Downing Street, l'ancien maire de Londres a placé le Royaume-Uni sur une possible trajectoire de confrontation avec l'UE, en promettant de négocier un nouvel accord de Brexit mais en menaçant de quitter l'UE sans accord si celle-ci refuse de reprendre les négociations.

"Notre mission est de concrétiser le Brexit le 31 octobre, dans le but de rassembler et de dynamiser notre grand Royaume-Uni et d'en faire l'endroit le plus formidable au monde", a dit Boris Johnson dans son discours aux députés des Communes.

Il a assuré qu'il n'exagérait pas en disant que la Grande-Bretagne pourrait être l'économie la plus prospère d'Europe à l'horizon 2050, ce qui voudrait dire distancer la France et dépasser l'Allemagne.

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L'ancien secrétaire au Foreign Office a promis dans la foulée que les "enfants et les petits-enfants britanniques vivront plus longtemps, plus heureux, en meilleure santé, et seront plus riches".

Le cours de la livre sterling, qui a perdu plus de 5% de sa valeur depuis début mai et a récemment atteint un plus bas de 27 mois face au dollar et un plus bas de six mois face à l'euro, est resté orienté à la baisse jeudi pour la première journée de Boris Johnson à Downing Street, s'échangeant contre 1,2450 dollar.

Dans son discours, "BoJo" a aussi affirmé que la clause de sauvegarde ("backstop") destinée à empêcher le rétablissement d'une frontière physique entre l'Irlande du Nord et la République d'Irlande devait être aboli pour sortir de l'impasse dans laquelle se trouve le Brexit.

INACCEPTABLE, RÉPLIQUE MICHEL BARNIER

Aucun accord ne sera possible avec l'Union européenne tant que sera maintenue cette clause de sauvegarde, a-t-il prévenu.

"Il doit être clairement compris que le chemin vers un accord passe par une abolition du 'backstop'", a-t-il dit devant les députés.

Le négociateur en chef de l'UE sur le Brexit, Michel Barnier, n'a pas tardé à réagir, jugeant cette demande tout bonnement inacceptable.

"Comme cela est sous-entendu dans son discours au ton plutôt combatif, nous devons nous tenir prêts à une situation où il donnera la priorité aux préparatifs d'une sortie sans accord, cela en partie pour faire pression sur l'unité des 27", a estimé Michel Barnier dans une note adressée aux Etats membres.

Quant au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, il a fait savoir à Boris Johnson que l'accord de Brexit négocié par Theresa May et qui a fait l'objet d'une entente avec l'UE en novembre dernier était le meilleur accord, et le seul accord avec l'Union européenne.

Dans un entretien téléphonique que les deux hommes ont eus jeudi, Jean-Claude Juncker a prévenu Boris Johnson que pousser à un nouvel accord ne ferait que conduire à une impasse. Face à cela, le nouveau Premier ministre a campé sur ses positions, réaffirmant qu'à ses yeux, le principe de "backstop" devait être abandonné.

Pour le successeur de Theresa May, les termes de l'Accord de retrait sur lequel se sont mis d'accord les négociateurs britanniques et européens en novembre ne sont pas acceptables.

Il a toutefois reconnu qu'il préférerait que la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne se fasse de manière ordonnée et en accord avec les Européens.

Johnson a également annoncé qu'il s'engageait dans une nouvelle approche pour mettre en oeuvre une politique commerciale indépendante. Il n'enverra pas de commissaire britannique pour siéger au sein de la prochaine Commission européenne.

JOHNSON PENSE QUE L'UE SOUHAITE UN COMPROMIS

"Je veux commencer à débarrasser nos responsables de leurs entraves afin qu'ils entament leur nouvelle mission (passer des accords commerciaux) immédiatement", a-t-il dit.

"En conséquence, nous ne nommerons en aucun cas de commissaire britannique dans la nouvelle Commission européenne qui doit prendre ses fonctions le 1er décembre", a-t-il dit devant les députés.

Boris Johnson n'a pas précisé quelles mesures il entendait proposer pour remplacer le "backstop" mais a appelé les Européens à réfléchir à leur refus de renégocier l'Accord de retrait de novembre qui a été rejeté à trois reprises par les députés britanniques.

Selon lui, les Européens ont toutes les raisons de souhaiter un compromis sur les termes du divorce. "Pourquoi commencer en supposant que nos amis européens ne souhaitent pas un compromis ? Je pense qu'ils ont toutes les raisons de souhaiter un compromis et c'est ce que nous chercherons", a-t-il expliqué.

Ces derniers excluent pour l'heure toute réouverture de la négociation sur le contenu de l'Accord de retrait et ils se contentent d'indiquer que seule la Déclaration politique accompagnant le texte pourra être amendée.

Le Premier ministre irlandais, Leo Varadkar, a déclaré être impatient de s'entretenir avec Boris Johnson pour connaître les mesures qu'il préconise pour abolir la clause de sauvegarde.

Le chef du gouvernement britannique qui a constitué un gouvernement réunissant nombre de partisans du Brexit a reconnu que le temps était compté pour parvenir à une sortie de l'UE le 31 octobre.

"Dans les 98 jours qu'il nous reste, nous devons fortement accélérer nos préparatifs pour qu'il y ait le moins de perturbations possibles dans notre vie nationale", a-t-il dit.

Le chef de file du Parti travailliste Jeremy Corbyn a répondu en affirmant que sa formation politique s'opposerait à toute proposition de Boris Johnson qui ne respecterait pas l'emploi, les droits des salariés et l'environnement.

"Le Labour s'opposera à tout accord ne protégeant pas l'emploi, les droits des salariés et la protection de l'environnement. Et s'il (Johnson) a le courage de proposer au peuple de s'exprimer sur cette décision, nous ferons campagne pour le 'maintien'", a-t-il ajouté.

(Pierre Sérisier et Eric Faye pour le service français)

reuters.com

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