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Open Arms : Madrid accuse Rome de "violer la loi"

reuters.com  |   |  425  mots
Open arms: madrid accuse rome de violer la loi[reuters.com]
(Crédits : Guglielmo Mangiapane)

MADRID (Reuters) - Le gouvernement espagnol a haussé le ton lundi contre les autorités italiennes, qu'il accuse de violer le droit de la mer en refusant au navire humanitaire Open Arms la possibilité d'accoster dans l'île de Lampedusa.

"L'Italie viole la loi", a déclaré sur l'antenne de la radio Cadena Ser la vice-présidente en exercice du gouvernement espagnol, Carmen Calvo. "Nous avons passé tout le week-end à parler avec le gouvernement italien, leur demandant une réponse."

La veille, le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, avait jugé "inconcevable" la décision italienne de fermer tous ses ports.

L'Open Arms est bloqué depuis plus de quinze jours à proximité immédiate de Lampedusa. Quelque 107 migrants secourus au large de la Libye se trouvent toujours à son bord, et l'ONG espagnole qui a affrété le navire réclame de pouvoir les débarquer rapidement, évoquant une situation d'urgence humanitaire.

Partisan d'une ligne dure contre les migrations, et accusant les ONG de se faire les complices des passeurs et trafiquants d'êtres humains, Matteo Salvini, le ministre italien de l'Intérieur, a accepté de débarquer les malades ainsi que les mineurs non accompagnés.

En revanche, malgré un accord européen de prise en charge hors d'Italie de la totalité des migrants de l'Open Arms, il refuse de laisser le bateau accoster pour débarquer les autres.

Madrid a proposé dimanche à l'Open Arms de gagner un port espagnol - d'abord Algésiras, puis tout autre port plus proche - pour pouvoir débarquer. L'ONG a rejeté la proposition, jugeant qu'entreprendre cette navigation mettrait "en danger l'intégrité et la sécurité des passagers secourus et de l'équipage".

Un autre navire humanitaire, l'Océan Viking, affrété par SOS-Méditerranée et Médecins sans Frontières (MSF), cherche lui aussi un "port sûr" où pouvoir débarquer les 356 migrants qu'il a secourus en Méditerranée centrale.

Il se trouve actuellement dans les eaux internationales, entre Malte et l'Italie. "On espère qu'une solution va apparaître bientôt car ça devient frustrant pour tout le monde, et même angoissant, de ne pas avoir de lieu sûr où jeter l'ancre", déclare Nicholas Romaniuk, coordinateur de recherche et de sauvetage pour SOS Méditerranée, dans une interview publiée lundi dans le quotidien Libération.

"Tout est entre les mains de politiciens en Europe alors que rien de tout cela n'est nouveau."

(Jose Elías Rodríguez et Andrés González; Henri-Pierre André pour le service français)