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Syrie : Trois civils tués dans un raid contre un convoi turc, selon Ankara

reuters.com  |   |  440  mots

ANKARA (Reuters) - La Turquie a annoncé qu'un raid aérien contre un convoi militaire turc dans le nord-ouest de la Syrie a fait trois morts et douze blessés, tous des civils, alors que les troupes syriennes sont entrées dans une ville clé tenue par les insurgés.

Les frappes du gouvernement syrien ont visé le convoi alors qu'il approchait de la ligne de front, dans la province d'Idlib, selon deux membres des mouvements rebelles proturcs et l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

La Turquie, qui prête mains fortes à des mouvements rebelles du Nord-Ouest, est militairement présente dans la province d'Idlib en vertu d'un accord conclu avec la Russie, premier allié de Damas.

Pour la presse syrienne, qui parle d'un acte d'agression, le convoi a été dépêché pour aider les insurgés de Khan Cheikhoun, principal enjeu de l'offensive gouvernementale lancée fin avril. La ville, que les rebelles tiennent depuis 2014, a par ailleurs été le théâtre d'un bombardement au gaz sarin en 2017.

Les forces gouvernementales syriennes et leurs alliés sont entrés à Khan Cheikhoun lundi soir, capturant une partie de la ville alors que les combats au sol faisaient rage, a-t-on appris de même source.

Sa reconquête provoquerait l'encerclement des dernières positions rebelles dans la province de voisine de Hama. Un poste d'observation turc pourrait en outre être menacé.

En dépit des accords de "désescalade" conclus par Ankara et Moscou, les combats ne cessent de s'intensifier dans la province d'Idlib, dernière région de Syrie aux mains des insurgés, où l'armée turque dispose d'une douzaine de postes militaires.

L'Onu parle d'un demi-millier de victimes civiles depuis la fin avril. La France a lancé vendredi un appel à la cessation immédiate des hostilités et a condamné "en particulier" la poursuite des frappes aériennes des forces gouvernementales.

Selon le ministère turc de la Défense, le raid aérien de lundi viole les accords conclus avec la Russie, dont les forces sur place avaient été averties de l'arrivée du convoi.

L'OSDH a indiqué que le convoi était bloqué sur une autoroute à la suite des frappes aériennes, qui l'ont empêché de progresser vers le sud, ajoutant qu'un combattant qui accompagnait le convoi a été tué.

Les secouristes opérant dans la province d'Idlib ont déclaré que des avions de combat avaient pilonné des villes et des villages, faisant 12 morts ce lundi.

(Ellen Francis et Tom Perry à Beyrouth, Khalil Ashawi, Sarah Dadouch, Tuvan Gumrucku et Dominic Evans en Turquie; Jean-Philippe Lefief et Arthur Connan pour le service français)