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La relance de la guerre commerciale fait chuter Wall Street

reuters.com  |   |  948  mots
Wall street termine en baisse[reuters.com]
(Crédits : Eduardo Munoz)

par Juliette Rouillon

PARIS (Reuters) - La Bourse de New York a chuté vendredi en clôture, avec les cours du pétrole et les rendements obligataires, dans des marchés déstabilisés par une nouvelle escalade dans le conflit commercial entre les deux premières économies du monde.

L'indice Dow Jones a perdu 623,34 points, soit 2,37%, à 25.628,90. Le S&P-500, plus large, a perdu 75,84 points, soit 2,59%, à 2.847,11. Le Nasdaq Composite a reculé de son côté de 239,62 points (-3,00%) à 7.751,77 points.

Les indices accusent des baisses hebdomadaires respectives de 1,44%, 0,99% et 1,83%, ayant effacé dans la journée tous les gains engrangés dans la semaine dans l'espoir de mesures de soutien des grandes banques centrale et les gouvernements.

Les trois indices reculent pour la quatrième semaine d'affilée, plus longue phase de baisse depuis le mois de mai.

La Chine a annoncé son intention de relever les droits de douane sur environ 75 milliards de dollars (68 milliards d'euros) de produits américains. Le président américain, Donald Trump, a déclaré peu après préparer de nouvelles représailles et a "ordonné" aux entreprises américaines d'étudier la fermeture de leurs activités chinoises.

"C'est une juste réaction des marchés. Je crois que personne ne pensait qu'on en arriverait à ce stade", a dit Michael O'Rourke, responsable de la stratégie chez JonesTrading.

Les valeurs américaines avaient gagné du terrain après le discours prononcé par le président de la Réserve fédérale Jerome Powell au symposium économique de Jackson Hole: le président de la Fed a promis que la Fed agirait de manière "appropriée" mais n'a pas donné d'indices clairs sur la trajectoire des taux d'intérêt au cours des prochains mois.

"Les baisses de taux d'intérêt soutiennent certes l'économie mais elles ne suffiront pas à compenser une guerre commerciale majeure", a ajouté Michael O'Rourke.

L'indice de volatilité du CBOE, baromètre de la nervosité des investisseurs, est en hausse de plus de trois points, au plus haut depuis une semaine.

VALEURS

Tous les grands indices sectoriels S&P 500 ont fini en territoire négatif, ceux des valeurs technologiques et de l'énergie ayant chuté de plus de 3%.

Parmi les valeurs exposées à cette nouvelle escalade dans le conflit commercial entre la Chine et les Etats-Unis, Apple et Intel ont perdu respectivement 4,62% et 3,89%, Caterpillar a abandonné 3,26%, General Motors 3,33% et le groupe pétrolier Exxon Mobil 2,95%.

Le spécialiste des logiciels de gestion de la relation client Salesforce a pris 2,19%, plus forte hausse du S&P, après une prévision de chiffre d'affaires pour le troisième trimestre supérieure aux estimations de Wall Street.

LES INDICATEURS DU JOUR

Aux Etats-Unis, les ventes de logements individuels neufs ont chuté de 12,8% en juillet, un recul plus marqué qu'attendu, à 635.000 en rythme annualisé.

Il s'agit de la plus forte baisse mensuelle enregistrée depuis juillet 2013. Les économistes interrogés par Reuters prévoyaient un chiffre de 649.000.

LA SÉANCE EN EUROPE

En hausse jusqu'au début de l'après-midi, les Bourses européennes ont terminé en net repli, la nouvelle escalade dans le conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine ayant pris le pas sur le discours pourtant très attendu de Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale.

À Paris, le CAC 40 a perdu 1,14% à 5.326,87 points après être monté à 5.421,28 en matinée. A Londres, le FTSE 100 a perdu 0,47% et à Francfort, le Dax a reculé de 1,15%. L'indice EuroStoxx 50 a cédé 1,17%, le FTSEurofirst 300 0,61% et le Stoxx 600 0,78%.

Sur l'ensemble de la semaine, le Stoxx 600 a néanmoins gagné 1,8% et le CAC 40 affiche aussi un rebond, de 0,49%, après trois semaines consécutives de repli pour les deux indices.

Les secteurs exposés aux tensions commerciales ont accusé le coup de l'annonce des représailles chinoises: l'indice Stoxx européen de l'automobile a cédé 2,14%, le recul le plus marqué du jour, celui du pétrole et du gaz 1,53% et celui des hautes technologies 1,09%.

TAUX

Le regain d'aversion au risque a favorisé la baisse des rendements obligataires: celui des Treasuries à 10 ans a chuté de près de huit points de base à 1,533% avec, pour le troisième jour de suite, un épisode d'inversion de la courbe des rendements, le taux à 2 ans étant passé au-dessus du 10 ans.

Le rendement du Bund allemand à 10 ans a fini la journée à -0,673%, en baisse de plus de trois points de base.

CHANGES

Après avoir atteint son plus haut niveau depuis trois semaines face à l'euro et depuis une semaine face au yen, le dollar s'est orienté à la baisse en réaction au discours de Jerome Powell et a nettement creusé ses pertes après les déclarations de Donald Trump sur la Chine.

L'"indice dollar" qui mesure les fluctuations du billet vert face à un panier de devises de référence cède 0,5%.

L'euro est remonté autour de 1,1140 dollar (+0,53%).

PÉTROLE

Les cours du pétrole sont également en net repli, dans la crainte que la nouvelle escalade dans le conflit commercial sino-américaine ne freine la demande mondiale de pétrole.

Le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) perd 2,66% à 53,88 dollars le baril et le Brent cède 1,35% à 59,11 dollars.

Sur l'ensemble de la semaine, le WTI a perdu 1,28% alors que le Brent a progressé de 1,21% malgré la baisse de ce jour.

A SUIVRE LUNDI :

Le marché sera attentif à l'indice Ifo du climat des affaires en Allemagne alors que les dernières enquêtes auprès des directeurs d'achats (PMI) cette semaine n'ont pas dissipé la menace d'une nouvelle contraction du PIB au troisième trimestre.

(Stephen Cul, Juliette Rouillon pour le service français)