Nucléaire: Rohani donne du temps aux Européens mais accentue la pression
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Nucleaire: l'iran ne reviendra dans l'accord qu'avec une ligne de credit
Heinz-Peter Bader
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Nucleaire: l'iran ne reviendra dans l'accord qu'avec une ligne de credit
Heinz-Peter Bader
par Parisa Hafezi
DUBAI (Reuters) - Le président iranien Hassan Rohani a annoncé mercredi qu'il allait accorder un nouveau délai de deux mois aux Européens pour tenter de sauver l'Accord de Vienne, tout en annonçant une "accélération" des activités nucléaires de l'Iran, rapporte la télévision d'Etat iranienne.
Cette troisième étape du désengagement de l'Iran du Plan d'action global commun (PAGC ou JCPOA en anglais), le nom officiel de l'Accord sur le nucléaire de 2015, sera "la plus importante et aura des effets extraordinaires", a déclaré Hassan Rohani, sans autre précision.
Téhéran, qui menace de porter à 20% l'enrichissement de son stock d'uranium ou de redémarrer des centrifugeuses, a donné aux Européens jusqu'à vendredi pour trouver une solution à la chute de ses revenus pétroliers depuis le rétablissement des sanctions américaines, conséquence de la décision de Donald Trump de se retirer de l'Accord de Vienne.
"Je pense qu'il est peu probable que l'on parvienne à un résultat aujourd'hui ou demain", a souligné Hassan Rohani, qui s'est régulièrement entretenu avec son homologue français Emmanuel Macron ces derniers jours.
"L'Europe aura à nouveau deux mois supplémentaires pour tenir ses engagements."
Il a toutefois annoncé dans la soirée dans une allocution télévisée que l'Iran développerait de nouvelles centrifugeuses.
"Nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour protéger les droits et intérêts de la nation iranienne", a-t-il déclaré.
"La troisième étape (du désengagement iranien des termes e l'accord de Vienne) implique le développement de nouvelles centrifugeuses. Cela commencera vendredi."
Bien qu'attendue, la décision de l'Iran de s'affranchir un peu plus de ses engagements envoie un "mauvais signal", soulignait-on mardi de source diplomatique française.
"Nous avons essayé de persuader (les Iraniens) de ne pas aller plus loin, mais ce n'est pas la fin du mécanisme s'ils le font", disait-on mardi de source au fait des négociations, soulignant qu'aucune des mesures prises par Téhéran jusqu'à présent n'est irréversible.
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Les Européens tentent sans succès depuis huit mois de rendre opérationnel un mécanisme de compensation, appelé Instex, visant à permettre à l'Iran de continuer à bénéficier de revenus qui lui avaient été promis en 2015 en contrepartie de l'abandon de ses activités nucléaires.
TÉHÉRAN VEUT 15 MILLIARDS DE DOLLARS
Pour réduire la tension dans le Golfe et tenter de sauver le JCPOA, la France a aussi proposé de faire bénéficier l'Iran d'une ligne de crédit de 15 milliards de dollars (13,6 milliards d'euros) jusqu'à la fin de l'année.
La mise en place de cette ligne de crédit garantie par les revenus du pétrole iranien dépend cependant du bon vouloir des Etats-Unis, qui devraient pour cela accorder des exemptions pour que des pays tiers puissent importer du brut iranien, a souligné mardi le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian.
Selon la chaîne iranienne Press TV, qui cite sur son compte Twitter des sources anonymes, Paris n'a pas réussi à convaincre Washington de l'intérêt de cette initiative.
Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, n'en a pas moins fait une condition du respect par son pays des engagements prévus par JCPOA.
"Notre retour à une pleine application de l'accord sur le nucléaire dépend de la réception de 15 milliards de dollars sur une période de quatre mois, sinon le processus de désengagement de l'Iran se poursuivra", a déclaré Abbas Araqchi, selon des propos rapportés par l'agence officielle Fars.
"Soit l'Europe achète du pétrole à l'Iran, soit elle lui fournit l'équivalent des ventes de pétrole sous la forme d'une ligne de crédit garantie par les revenus pétroliers de l'Iran, ce qui constituerait en quelque sorte une pré-vente de pétrole", a-t-il ajouté.
La ligne de crédit envisagée pour les quatre derniers mois de l'année correspond au tiers du volume des exportations de pétrole iranien en 2017.
Araqchi a souligné qu'il subsistait "de gros désaccords sur le calendrier" de futures négociations entre Téhéran et les autres signataires du JCPOA.
(Avec Marine Pennetier et John Irish à Paris; Arthur Connan et Tangi Salaün pour le service français)
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