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Brexit: Le bras de fer entre Johnson et l'opposition va se poursuivre la semaine prochaine

reuters.com

Publié le 06 septembre 2019 à 14:53 - Mis à jour le 12 décembre 2024 à 23:17

Brexit: le bras de fer entre johnson et l'opposition va se poursuivre la semaine prochaine

Brexit: le bras de fer entre johnson et l'opposition va se poursuivre la semaine prochaine

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par Kylie MacLellan et Guy Faulconbridge

LONDRES (Reuters) - Le Parti travailliste et d'autres formations de l'opposition britannique ne voteront pas lundi la motion que Boris Johnson entend soumettre à la Chambre des communes pour obtenir la tenue d'élections anticipées dès le 15 octobre.

L'initiative du Premier ministre semble donc une nouvelle fois mathématiquement vouée à l'échec, les règles en vigueur au Royaume-Uni exigeant que la motion soit approuvée par les deux tiers de l'assemblée, soit 434 voix. Or, le Labour représentant à lui seul 247 des 650 élus, sans les voix de ses députés, ce seuil est hors de portée.

Mercredi soir déjà, une première tentative avait échoué, seuls 298 députés s'y étant déclarés favorables.

Les 35 élus du Parti national écossais (SNP) feront de même, a annoncé leur leader à Westminster, Ian Blackford, au micro de la BBC.

A l'instar des autres formations de l'opposition, le SNP est partant pour un scrutin anticipé mais pas aux conditions fixées par Johnson. "Nous aurons ces élections quand le moment sera opportun mais je vais vous faire cette promesse: nous n'aurons pas attendre longtemps", a-t-il dit.

Interrogée sur Sky News, la cheffe de file des élus gallois du Plaid Cymru aux Communes, Liz Saville Roberts, a déclaré que cela signifiait que les élections n'auraient pas lieu avant le 31 octobre.

Les partis d'opposition redoutent que des élections à la mi-octobre puissent permettre à Boris Johnson de réussir tout de même à faire sortir le Royaume-Uni de l'Union européenne sans accord.

Ils veulent d'abord que leur proposition de loi visant à empêcher un Brexit sans accord le 31 octobre ait été définitivement adoptée et promulguée.

Ce texte, voté mercredi soir par la Chambre des communes, a sans surprise été approuvé vendredi par la Chambre des Lords. Il devrait être promulgué sans doute lundi par la reine Elizabeth.

Il donne au gouvernement jusqu'au 19 octobre pour conclure un nouvel accord de divorce avec Bruxelles - la date retenue suit le prochain conseil européen des 17 et 18 octobre à Bruxelles - ou pour obtenir l'aval du Parlement à une sortie sans accord, alors que la Chambre des communes a déjà voté à plusieurs reprises contre la perspective d'un "no deal".

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Si le gouvernement Johnson ne remplit pas l'une ou l'autre de ces conditions, la proposition de loi engage le Premier ministre à demander un nouveau report du Brexit jusqu'au 31 janvier prochain.

"NOUS PARTIRONS LE 31 OCTOBRE", MARTÈLE JOHNSON

En déplacement en Ecosse au terme d'une semaine marquée par une série de revers cinglants à la Chambre des communes et le départ spectaculaire de son frère Jo, Boris Johnson a exclu vendredi de démissionner dans l'éventualité où il ne pourrait tenir sa promesse de quitter l'Union européenne "coûte que coûte" le 31 octobre.

"Ce n'est pas une hypothèse que je souhaite envisager", a-t-il dit.

Le chef du gouvernement conservateur a dans le même temps dit vouloir prendre contact avec les 21 élus tories qu'il a exclus du parti pour avoir mêlé leur voix à celle de l'alliance des anti-No Deal.

"Ce sont mes amis. J'ai travaillé avec eux pendant de nombreuses années. Mais nous devons faire le Brexit et nous avons été très clairs sur les risques que ferait peser l'enlisement de la procédure devant le Parlement", a-t-il dit.

"Bien sûr, je vais prendre contact avec ces collègues, pour trouver des moyens de renouer des liens, mais je dois être clair: nous devons faire le Brexit."

Plus de trois ans après le référendum du 23 juin 2016 par lequel un peu moins de 52% des électeurs ont opté pour une sortie de l'Union européenne, le divorce est comme figé, suspendu à l'issue du bras de fer que se livrent Johnson et les anti-No Deal en cette rentrée parlementaire.

Tout est envisageable, d'un Brexit brutal le 31 octobre à l'abandon pur et simple de la procédure de divorce.

"Je vais aller à Bruxelles, je vais obtenir un accord et nous allons nous assurer que nous partirons le 31 octobre. C'est ce que nous allons faire", a martelé vendredi sur l'antenne de Sky News le Premier ministre britannique lors de son déplacement en Ecosse.

La veille, à Wakefield, il avait dit préférer "crever la gueule ouverte" plutôt que de demander aux Européens un nouveau report du Brexit.

(avec Elizabeth Piper; Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour le service français)

reuters.com

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