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L'opposition ivoirienne accuse Ouattara de violer la Constitution

reuters.com  |   |  370  mots
L'opposition ivoirienne accuse ouattara de violer la constitution[reuters.com]
(Crédits : Press Service Of The Presidency)

ABIDJAN (Reuters) - En décidant de briguer un troisième mandat, Alassane Ouattara viole la Constitution et pourrait déstabiliser la Côte d'Ivoire, a estimé vendredi l'opposition ivoirienne.

Le chef de l'Etat sortant, au pouvoir depuis 2011, a annoncé jeudi qu'il briguerait un troisième mandat lors de l'élection présidentielle du 31 octobre en raison de la mort au début du mois dernier de son successeur désigné, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly.

A la suite de ce décès, le parti au pouvoir, le RDHP (Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix), avait demandé à Ouattara de solliciter un nouveau mandat.

La Constitution ivoirienne limite à deux le nombre de mandats présidentiels consécutifs, mais Alassane Ouattara considère que l'adoption d'une nouvelle Loi fondamentale en 2016 l'autorise à se porter à nouveau candidat, ce que ses opposants contestent.

"La nouvelle Constitution abroge l'ancienne, donc M. Alassane Ouattara peut bel et bien être candidat. C'est la première élection de la IIIe République (mise en place avec la constitution de 2016, NDLR)", a déclaré au micro de Radio France Internationale Adama Bictogo, directeur exécutif du RDHP.

"Le président Ouattara sème les graines de la déstabilisation de la Côte d'Ivoire", a jugé Maurice Kakou Guikaoué, secrétaire exécutif du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), également interrogé par RFI, en annonçant le dépôt d'un recours contre cette candidature auprès du Conseil constitutionnel.

Une organisation de la société civile a lancé un appel à des manifestations dans tout le pays mais les responsables de l'opposition s'en sont abstenus.

Le scrutin présidentiel d'octobre s'annonce comme le plus disputé depuis celui de 2010, au cours duquel la victoire d'Alassane Ouattara contre Laurent Gbagbo avait déclenché une guerre civile de plusieurs mois qui avait fait 3.000 morts.

Samedi, le FPI a nommé l'ancien Premier ministre Pascal Affi N'Guessan comme candidat à la présidentielle, mettant fin aux spéculations selon lesquelles Gbagbo aurait pu se représenter.

L'autre grand rival d'Alassane Ouattara sera Henri Konan Bédié, président de 1993 à 1999, qui portera les couleurs du PDCI.

(Loucoumane Coulibaly et Ange Aboa; version française Jean-Stéphane Brosse)