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Malgré ses divisions, l'UE veut appeler au cessez-le-feu en Israël

reuters.com  |   |  498  mots
Malgre ses divisions, l'ue veut appeler au cessez-le-feu en israel[reuters.com]
(Crédits : Suhaib Salem)

par Robin Emmott

PARIS (Reuters) - L'Union européenne devrait appeler à un cessez-le-feu dans les affrontements entre Israël et le mouvement palestinien Hamas lors d'une réunion d'urgence mardi, mais ses divisions internes risquent de marginaliser son rôle dans ce conflit, selon des diplomates.

Le chef de la politique étrangère de l'UE, Josep Borrell, a convoqué une réunion en visioconférence des 27 ministres des affaires étrangères de l'UE à partir de 12h00 GMT (14h00 heure de Paris).

"Nous avons contacté nos partenaires pour voir comment nous pouvons contribuer à l'arrêt de cette escalade de violence très dangereuse et inquiétante", a déclaré le porte-parole de Josep Borrell, Peter Stano, faisant référence aux affrontements les plus violents qu'aient connus Israéliens et Palestiniens depuis des années.

L'Union européenne est le premier partenaire commercial d'Israël et l'un des principaux donateurs des Palestiniens, mais elle s'est montrée réticente à utiliser ce levier ou à discuter d'éventuelles sanctions économiques à l'encontre du gouvernement israélien.

L'UE a toujours joué un rôle secondaire par rapport aux États-Unis dans les négociations de paix au Moyen-Orient et son influence dans la région reste limitée.

Les préparatifs des déclarations communes au sein de l'UE mettent à jour de nombreuses divergences et il est peu probable que la réunion de mardi débouche sur l'affirmation d'une nouvelle position.

L'organisation même de l'appel vidéo a été lente, constatent des diplomates. Une situation qui a suscité les critiques du président turc Recep Tayyip Erdogan.

DIVISIONS

Au sein de l'UE, huit États, emmenés par le Luxembourg, la Belgique, l'Irlande, Malte et la Finlande, ont fait entendre leur voix en faveur des Palestiniens. Ils affirment que l'UE doit faire davantage pour soutenir ces derniers dans leur quête d'un État.

"Au milieu du bruit des bombes, l'Europe reste silencieuse", a déploré le débuté écologiste belge Simon Moutquin, sur Facebook. D'autres responsables belges ont appelé à des sanctions contre Israël.

A l'opposé, plusieurs Etats européens, dont la Hongrie, la République tchèque, l'Autriche, la Grèce, Chypre et la Pologne, défendent les intérêts d'Israël. A Vienne, le gouvernement a hissé un drapeau israélien au-dessus de la chancellerie fédérale.

L'Allemagne, première puissance européenne, qui porte toujours le poids de la culpabilité des crimes nazis de la Seconde Guerre mondiale, n'est pas disposée à discuter de mesures coercitives contre Israël.

De son côté, le président français Emmanuel Macron a déclaré lundi qu'il travaillerait avec le président égyptien et le roi de Jordanie sur une proposition concrète de cessez-le-feu et l'ouverture de discussions entre Israël et les Palestiniens.

Lundi, le président américain Joe Biden a également défendu l'idée cessez-le-feu lors d'un appel avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

(Robin Emmott, version française Hayat Gazzane, édité par)