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La TribuneDépêches

Le marché des SPAC aux États-Unis paie pour ses excès, selon Amundi

reuters.com

Publié le 27 mai 2021 à 09:35 - Mis à jour le 12 décembre 2024 à 21:25

Le marche des spac aux etats-unis paie pour ses exces, selon amundi

Le marche des spac aux etats-unis paie pour ses exces, selon amundi

Philippe Wojazer

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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par Patrick Vignal

PARIS (Reuters) - La correction observée sur les SPAC aux Etats-Unis sanctionne les excès entourant ces sociétés qui entrent en Bourse pour lever des fonds afin de réaliser ultérieurement des acquisitions, dit-on chez Amundi.

Porté par une liquidité abondante et par le retour de l'appétit pour le risque, ce marché a explosé ces deux dernières années mais redescend sur terre, dit à Reuters Vincent Mortier, directeur adjoint des gestions chez Amundi.

Après une année record en 2020, près de 300 introductions en Bourse (IPO) de SPAC ont été enregistrées au premier trimestre 2021 aux Etats-Unis, permettant de lever près de 100 milliards de dollars, soit plus que le montant total de l'an dernier, selon des données fournies par le numéro un européen de la gestion d'actifs.

Cet engouement excessif, qui a permis aux SPAC d'accaparer près des deux tiers de la valeur totale du marché des IPO aux Etats-Unis, a entraîné un assainissement forcé permettant de séparer le bon grain de l'ivraie, explique Vincent Mortier.

"Le risque de bulle est avéré et la bulle a déjà commencé à se dégonfler sans même que le régulateur ait vraiment eu à s'en mêler", dit-il.

"A la fin du premier trimestre, à la fois en termes de volumes et de prix des SPAC, on a eu une correction assez majeure aux Etats-Unis. Près des deux tiers des SPAC aux Etats-Unis cotent désormais sous leur prix d'introduction, avec une sanction particulièrement lourde pour les plus ésotériques et les plus fragiles."

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Un SPAC (Special Purpose Acquisition Company) est une "coquille vide" qui permet de lever des capitaux par le biais d'une offre publique de vente dans le but de fusionner dans un délai allant jusqu'à deux ans avec une société non cotée, permettant à celle-ci d'entrer en Bourse plus rapidement que par les procédures classiques.

Le profil de certains sponsors et le caractère souvent vague du projet posent cependant problème, de même que la longueur du délai précédant l'acquisition visée, pendant lequel le SPAC peut être la cible de vendeurs à découverts, attirés par le parfum de bulle, selon Amundi.

Les investisseurs ne sont en outre pas toujours capables de comprendre la structure de ces opérations et d'en évaluer les coûts et les risques, estime Vincent Mortier.

DES PROJETS SOUVENT "TRÈS CREUX"

"Le régulateur doit se pencher sur les sponsors, leur qualification, leurs intentions et sur d'éventuels conflits d'intérêt, en sachant que certains se lancent sur jusqu'à huit SPAC simultanément, utilisant l'option gratuite que leur offre ce type d'opération pour multiplier les paris", estime-t-il.

"Les prospectus de SPAC sont souvent verbeux et techniques mais à l'intérieur, c'est quand même très creux. On a vu arriver sur ce marché des joueurs de basket et des influenceurs, avec même tout récemment un SPAC dont l'objectif était d'en racheter un autre."

Les banques, qui touchent des commissions à la fois sur la création du SPAC et sur la fusion à laquelle il aboutit, sont les grandes gagnantes de ces opérations, ajoute-t-il.

"Le sponsor, lui, peut gagner et, en général, ne risque pas grand-chose. Quand il y a des abus, ceux qui trinquent sont souvent des investisseurs particuliers qui étaient arrivés à la fin."

La société de gestion s'interroge en outre sur l'avantage compétitif qu'offre un SPAC pour réaliser une acquisition par rapport à une opération de capital-investissement ou émanant d'un acteur coté du secteur concerné.

"Pour nous, il est plus intéressant d'investir dans une introduction en Bourse classique ou dans une action secondaire", explique Vincent Mortier. "Là, au moins, vous savez ce que vous achetez."

Les excès des SPAC sont largement concentrés sur les Etats-Unis, le marché européen étant nettement plus petit, avec des sponsors au profil plus rassurant et une moindre présence des investisseurs particuliers, ajoute-t-il.

"Aux Etats-Unis, ceux qui ont acheté sont souvent des acteurs de la communauté présente sur des forums et des applications comme Robinhood, que l'on avait déjà vus à l'oeuvre contre des vendeurs à découvert sur des titres décotés comme GameStop et qui sont également souvent actifs sur le marché des cryptomonnaies", dit-il.

"Quand un objet n'est pas valorisé, il prête le flanc à la spéculation, dans un contexte où la liquidité est abondante et où le régulateur tarde à intervenir."

(édité par Blandine Hénault)

reuters.com

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