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Suède : Le Premier ministre risque la censure face à une opposition unie

reuters.com  |   |  384  mots
Suede: le parti de gauche veut une motion de defiance contre le premier ministre lofven[reuters.com]
(Crédits : Tt News Agency)

par Simon Johnson et Johan Ahlander

STOCKHOLM (Reuters) - Le Premier ministre suédois, Stefan Löfven, est menacé par un vote de défiance lundi au Parlement, une initiative lancée par le parti d'extrême droite des Démocrates, soutenue par d'autres partis d'opposition, et qui pourrait entraîner des élections anticipées ou la mise en place d'un gouvernement intérimaire.

Les Démocrates suédois ont demandé la tenue d'un vote contre le Premier ministre après que le Parti de gauche, membre du gouvernement de coalition, a déclaré ne plus pouvoir soutenir Stefan Löfven en raison du projet gouvernemental d'alléger les règles sur l'encadrement des loyers des logements nouvellement construits.

Depuis les législatives serrées de 2018, Stefan Löfven est à la tête d'un gouvernement minoritaire de centre-gauche dépendant à la fois du soutien du Parti de gauche et de celui de deux petites formations de centre-droit.

"Si nous avons une chance de remplacer ce gouvernement nuisible, nous la saisirons", a lancé Henrik Vinge, chef du groupe parlementaire des Démocrates, lors d'une conférence de presse.

Les Modérés, le plus important parti d'opposition au Parlement, et le Parti des chrétiens-démocrates ont fait savoir qu'ils voteraient contre Stefan Löfven.

Si le Parti de gauche vote également contre le Premier ministre, celui-ci sera contraint de démissionner ou d'organiser des élections anticipées. Un vote de défiance nécessiterait une majorité simple au Parlement qui compte 349 sièges.

"S'il y a de nouvelles élections, ce n'est pas optimal, mais nous nous en félicitons car cela donnera aux électeurs une chance de s'exprimer", a déclaré Ebba Busch, la chef de file des chrétiens-démocrates.

Une élection pourrait toutefois ne pas régler l'impasse politique dans laquelle est plongée la Suède.

Les sondages d'opinion suggèrent en effet que ni le bloc de centre-gauche, ni celui de centre-droit n'obtiendraient de majorité si des élections avaient lieu ce jeudi.

La troisième option serait celle d'un gouvernement intérimaire - qui serait probablement dirigé par Stefan Löfven du fait de la fragmentation du paysage politique suédois.

(Avec Anna Ringstrom et Niklas Pollard, version française Myriam Rivet et Laetitia Volga, édité par Jean-Stéphane Brosse)