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Le Mali suspend la diffusion de RFI et France24

reuters.com  |   |  356  mots
Le mali suspend la diffusion de rfi et france24[reuters.com]
(Crédits : Francis Kokoroko)

PARIS (Reuters) - Le gouvernement de transition malien a annoncé jeudi dans un communiqué engager une procédure pour suspendre "jusqu'à nouvel ordre" la diffusion de la radio RFI et de la télévision France24 dans l'ensemble du pays, une décision condamnée à Paris et à Bruxelles.

Dans ce communiqué, la junte au pouvoir à Bamako fait état de sa "profonde consternation" face aux "fausses allégations faisant état d'exactions commises par les Forces armées maliennes" diffusées par les deux chaînes, qui ont notamment relayé une déclaration de la Haute commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, ainsi qu'un rapport de Human Right Watch à ce sujet.

A Paris, le ministère des Affaires étrangères a estimé que la décision de la junte malienne portait gravement atteinte à la liberté de la presse.

"La France déplore l'annonce faite par les autorités maliennes d'engager une procédure pour suspendre la diffusion de RFI et de France 24, ainsi que les restrictions imposées à l'ensemble des médias maliens", indique le Quai d'Orsay dans un communiqué. "Ces mesures constituent des atteintes graves à la liberté de la presse."

"La France condamne fermement, par respect pour la mémoire des victimes du génocide des Tutsi au Rwanda, l'amalgame inacceptable et irresponsable fait par les autorités de transition avec la Radio Mille Collines, dans leur communiqué officiel du 16 mars 2022", ajoute le Quai d'Orsay.

Le groupe France Médias Monde, qui chapeaute entre autres les deux chaînes, a également fait savoir dans un communiqué qu'il "proteste vivement contre les accusations infondées mettant gravement en cause le professionnalisme de ses antennes".

Le groupe prévient qu'il "étudiera toutes les voies de recours" pour qu'elle ne soit pas mise en oeuvre.

A Bruxelles, une porte-parole de la Commission européenne a dénoncé une décision "inacceptable".

"Nous déplorons ces accusations infondées. La junte continue et confirme sa fuite en avant", a-t-elle déclaré.

(Reportage Tassilo Hummel, John Irish et Nicolas Delame, avec Marine Strauss à Bruxelles, rédigé par Myriam Rivet et Tangi Salaün, édité par Jean-Michel Bélot)

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