Ghana : 110 ministres au service de Nana Akufo-Addo
Aboubacar Yacouba Barma
Aboubacar Yacouba Barma
C'est la nouvelle polémique au Ghana. La publication par le président Nana Akufo Addo de la liste définitive de son gouvernement a provoqué l'ire de l'opposition politique mais aussi une certaine incompréhension qui va au delà de l'opinion du pays. Il y a de quoi en effet puisque désormais c'est 110 personnalités qui siègent comme ministres au sein du gouvernement, un record qu'aucun chef d'Etat n'a approché de l'histoire politique du pays. Arrivé au pouvoir en fin d'année 2016, le président Nana Akufo Addo a déjà nommé, par vagues successives, plusieurs responsables ministériels avant de dévoiler, il y a quelques jours, la liste complète et définitive de son équipe qui a été soumise à l'appréciation du Parlement.
Le gouvernement se compose donc de 110 ministres qu'il convient toutefois de relativiser. Dans les faits, l'équipe est composée de 40 ministres en charge des différents départements c'est-à-dire de pleins exercices dont 4 ministres d'Etat, 50 ministres adjoints et 20 ministres régionaux qui disposent également de suppléants.
Les ministres ne sont donc pas tous logés à la même enseigne mais pour l'opinion ghanéenne, c'est déjà trop ! « Les ministres nommés auront droit à des voitures de fonction, à la retraite et à d'autres avantages », met en avant un citoyen ghanéen cité par la BBC, une manière de mettre en avant le fait que ministres ou adjoints, leur prise en charge coûtera chère aux caisses de l'Etat. D'autant plus que certains départements se voient placés à leurs têtes jusqu'à quatre responsables, ce qui engendrera des dépenses supplémentaires pour le trésor public.
« C'est un gouvernement éléphant qui va gérer les maigres ressources du pays », s'est par exemple indigné le chef de l'opposition à l'Assemblée nationale ghanéenne.
Mais pour le gouvernement, ces nominations s'avèrent nécessaires pour mener à bien l'ambitieux programme de sortie de crise et de relance économique du président. « Le président a besoin d'eux pour régler les nombreux problèmes du pays », a ainsi justifié Moustapha Hamid, le ministre ghanéen de l'Information.
Les explications du gouvernement peinent pourtant à convaincre surtout au vue de la situation économique que traverse le pays depuis quelques années. Alors que dans la sous-région, l'heure est à la réduction du poids de la masse salariale et à la réduction des responsables politiques ou gouvernementaux qui grèvent les finances publiques.
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En février dernier, à l'occasion de son premier discours au Parlement, le président Nana Akufo Addo a lui-même reconnu que « l'économie du pays traverse une mauvaise passe ». Entre autres, une dette de plus de 30 milliards de dollars à laquelle s'ajoute un déficit budgétaire qui atteint des niveaux toujours alarmants. A sa prise de fonction, le nouveau régime a trouvé un trou de 1.6 milliard de dollars dans le budget en plus d'un déficit dont l'ardoise s'est révélée deux fois plus importante qu'initialement annoncé par l'ancien gouvernement.
En 2016, la croissance économique du pays n'a été que de 2,3% selon les dernières estimations, son plus bas niveau depuis une vingtaine d'années alors qu'il y a quelques années, l'économie ghanéenne affichait une dynamique des plus actives du continent avec des taux de croissance à deux chiffres.
Le Ghana bénéficie actuellement d'un programme de soutien aux réformes structurelles avec le FMI afin de stabiliser les équilibres macroéconomiques, relancer et diversifier son économie.
Le président Nana Akufo Addo a promis de réduire le déficit budgétaire, de créer plus d'emplois et de soutenir les principaux secteurs économique du pays notamment le secteur privé, l'industrie et l'agriculture.
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Avec des marges manœuvres assez réduite engendrées par la baisse des cours de pétrole dont le pays est exportateur depuis quelques années, il va devoir justifier par les actes et les résultats sur le terrain, la nécessité d'une équipe que tout le monde s'accorde qualifier de pléthorique.
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