Interrogés ce mercredi par les députés, les ministres Thomas Armand (Economie) et Laurent Saint-Martin (Comptes publics) ont fixé leur priorité : la baisse de la dépense publique. Le débat sur la justice fiscale pourrait être relégué au second plan malgré un déficit plus important qu'anticipé (supérieur à 6% en 2024 au lieu de 5,6%).La bataille pour le budget 2025 promet d'être rude. Auditionnés pour la première fois depuis leur arrivée à Bercy dimanche dernier, les ministres Antoine Armand (Economie) et Laurent Saint-Martin (Budget) ont fixé leurs priorités en matière de politique budgétaire ce mercredi 25 septembre à l'Assemblée nationale. « Nous allons faire des propositions fortes pour redresser les finances du pays », a annoncé le ministre des Comptes publics dans un discours liminaire. Le premier levier sera avant tout « la réduction de la dépense publique », a insisté Laurent Saint Martin. « Nous allons vous proposer un budget de vérité et d'effort », a ajouté Antoine Armand.
Sans surprise, le détail du document provisoire envoyé par Matignon à la Commission des finances la semaine dernière avait laissé entrevoir que des coupes étaient programmées dans plusieurs ministères en 2025. Reste à savoir si le gouvernement est prêt à aller plus loin pour redresser les comptes publics d'ici 2027. A deux semaines de la présentation du PLF 2025 fixée le 9 octobre par le Premier ministre Michel Barnier, les locataires de Bercy doivent encore consulter les principaux représentants des forces politiques du parlement, les élus locaux et les partenaires sociaux. Le président de la Cour des comptes doit également rencontrer les deux nouveaux ministres vendredi prochain.
Le déficit supérieur à 6% en 2024 : « un risque avéré »
Embourbée dans une crise des finances publiques, la France peine à sortir du marasme budgétaire. Interrogé sur le niveau de déficit attendu en 2024, Laurent Saint Martin a déclaré que « le risque de dépassement de 6% de déficit est avéré », devant les parlementaires sidérés. Estimé auparavant à 5,5% au lieu de 5,1%, cette nouvelle projection risque de compliquer l'équation budgétaire du gouvernement Barnier. Parmi les facteurs évoqués, figurent « de moindres recettes fiscales et un écart de 16 milliards d'euros sur les dépenses publiques locales ».