L’activité s’est contractée en juin dans le secteur privé, proche d'une récession

Par latribune.fr  |   |  566  mots
Le secteur des services a enregistré la plus forte contraction de son activité depuis février 2021. (Crédits : SARAH MEYSSONNIER)
L’activité du secteur manufacturier et, surtout, des services a drastiquement chuté en juin au point même de se contracter selon l’indice PMI de S&P Global.

L'activité du secteur privé en France s'est contractée au mois de juin, sur fond de détérioration de la conjoncture dans les services, a rapporté mercredi l'agence S&P Global. L'indice PMI, qui compare le volume d'activité à celui du mois précédent, a chuté de 51,2 en mai à 47,2 en juin, une valeur inférieure à 50 signalant une contraction et une valeur supérieure, une expansion.

Lire aussiEn France, l'emploi résiste encore au coup de frein de l'économie, la productivité toujours en berne

Décrochage des services

Le secteur des services a enregistré la plus forte contraction de son activité depuis février 2021, l'indice passant de 52,5 en mai à 48 en juin, selon les données recueillies par S&P auprès d'un panel de 400 entreprises du secteur des services français.

« Le PIB (produit intérieur brut) pourrait ainsi diminuer au deuxième trimestre 2023, notre modèle de prévision immédiate suggérant en effet une baisse trimestrielle de 0,9%, reflétant un recul de l'activité dans le secteur manufacturier comme celui des services », selon Norman Liebke, économiste à la Hamburg Commercial Bank, cité par le communiqué de S&P Global.

Lire aussiLe moral des chefs d'entreprise se redressait... juste avant les émeutes

Signe inquiétant, le volume global des nouvelles affaires a enregistré en juin son plus fort recul depuis novembre 2020 et « les perspectives d'activité se sont repliées à leur plus bas niveau depuis 32 mois », selon S&P Global. En revanche, la croissance de l'emploi s'est maintenue dans l'ensemble du secteur privé, « portée par une nouvelle hausse soutenue des effectifs dans le secteur des services ».

Un effet de la politique restrictive de la banque centrale européenne

L'Institution a relevé huit fois d'affilée ces taux depuis le printemps dernier pour les amener sur une fourchette entre 3,5% et 4% en juin. Lors de la dernière réunion, sa présidente Christine Lagarde a annoncé qu'il « est très probable que nous continuerons à augmenter nos taux en juillet ».

Pour nombre d'observateurs, l'obsession de la Banque centrale pour l'inflation est cependant dangereuse et risque de faire tomber les économies européennes dans une récession forte, notamment en raison de la rapidité de la remontée des taux. « Ce qui frappe par ailleurs, c'est le resserrement dans le temps des cycles monétaires. Si on regarde du côté de la BCE, le cycle de la hausse des taux a été annoncé au deuxième semestre 2022, puis initié en septembre 2022, avec une vigueur historique. Alors qu'auparavant ces cycles monétaires s'étalaient sur plusieurs années, on disserte ici de la fin d'un cycle initié il y a moins d'un an », commente Mathieu Gosselin, Associé Services Financiers chez Bartle. Et ce coup de frein sur l'économie pourrait avoir des conséquences sur les entreprises françaises selon Geoffroy Roux de Bézieu.

« Techniquement, la France ne sera pas en récession mais certains signaux montrent que l'on s'en approche. Par ailleurs, beaucoup d'entreprises commencent à être rattrapées par les remboursements des prêts (PGE) contractés pour surmonter la période du COVID. Alors que j'ai toujours été plus optimiste que les prévisions durant les trois dernières années, j'ai des retours de terrain très différents en fonction de mes interlocuteurs. Ce qui m'incite à la prudence », a-t-il lâché dans un entretien accordé à La Tribune.

(Avec AFP)