LA TRIBUNE- Quel bilan tirez-vous de la longue séquence de la réforme des retraites ? Le dialogue social peut-il repartir comme si de rien n'était ?
GEOFFROY ROUX DE BÉZIEUX- Oui. La meilleure preuve c'est qu'en fait - y compris pendant le conflit des retraites - on n'a jamais cessé de dialoguer entre partenaires sociaux. Nous avons signé trois accords dont celui sur le partage de la valeur. Le 5 juin, nous avons eu une réunion en visio et chaque syndicat était représenté par son numéro un. Je dois dire que c'était un échange constructif, destiné à préparer à la fois les futures négociations entre nous et pour répondre aux sollicitations du gouvernement. Je suis plutôt optimiste sur la volonté d'avancer lors des prochaines négociations.
Comment expliquez-vous, vu de l'intérieur, la crispation du chef de l'Etat avec les syndicats et notamment avec la CFDT de Laurent Berger ?
D'abord, je pense que la tension entre Emmanuel Macron et Laurent Berger date d'avant la réforme des retraites. Cela a commencé dès le début du mandat. Il est certain que le président de la République a voulu, en arrivant à l'Elysée, changer la donne avec les syndicats et rompre avec la quasi-cogestion qui existait entre François Hollande et la CFDT. Avant 2017, certains voyaient en Laurent Berger le ministre du Travail bis. C'est sûr qu'avec Emmanuel Macron cela ne pouvait pas continuer comme ça. Par ailleurs, le chef de l'Etat avait une vision très négative du rôle des corps intermédiaires, syndicats comme patronats. Mais je pense qu'il est en train d'en changer suite aux nombreux accords que nous avons signés.