Présidentielle 2017 : gros coup de blues chez Fillon

Par Mathias Thépot  |   |  578  mots
François Fillon votera Emmanuel Macron au second tour de l'élection présidentielle. (Crédits : CHRISTIAN HARTMANN)
Éliminé, pas certain d'être troisième, François Fillon vient de vivre une lourde défaite au premier tour de l'élection présidentielle. Ses soutiens présents ce dimanche soir à son quartier général étaient complètement abattus.

Abasourdis, parfois en larmes, les militants Les Républicains présents au quartier général de campagne de François Fillon ont très mal vécu l'annonce des résultats du premier tour de l'élection présidentielle. Peu avant 20 heures, la rumeur courait pourtant que derrière Emmanuel Macron, François Fillon, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon se tenaient dans un mouchoir de poche. L'espoir était donc permis et aucun soutien de l'ancien Premier ministre présents dans le quinzième arrondissement parisien n'envisageait encore la défaite. Mais à 20 heures, stupeur : non seulement François Fillon est annoncé absent du second tour, mais surtout le candidat LR est troisième ex-aequo avec le candidat de la France Insoumise Jean-Luc Mélenchon avec environ 19,5 % des voix. Un affront pour les soutiens du parti de droite. "Ce n'est pas possible !", s'indignait un militant très ému. Peu après l'annonce de 20 heures, on pouvait même voir d'autres militants s'isoler dans les couloirs, ne pouvant sécher leurs larmes.

Fillon dénonce les "obstacles nombreux" à sa campagne

Mais certains gardaient toutefois espoir dans l'attente des résultats définitifs, et notamment des dépouillements dans les grandes villes. Las, François Fillon a concédé sa défaite vers 21h dans un discours télévisé où il a d'abord dénoncé « les obstacles nombreux » auxquels il a dû faire face. Il faisait référence aux soupçons entourant l'emploi parlementaire de sa femme Pénélope, présente au fond de la salle et applaudie par les militants à son arrivée au QG du candidat LR. "On n'a pas eu une campagne, on a eu un procès !", dénonçait pour sa part Bruno Retailleau, l'un des plus proches conseiller de François Fillon. A l'inverse, le sarkozyste Laurent Wauquiez a estimé que la droite "payait cher les affaires !". Ambiance...

Fillon appelle à voter Macron... mais ne convainc pas tous ses militants

François Fillon a tout de même avoué ce dimanche soir que cette défaite électorale était la sienne. Conscient de l'urgence d'une consigne de vote avant le second tour, il a ensuite annoncé qu'il voterait Emmanuel Macron car l'abstention "n'était pas dans ses gênes", "surtout quand un parti extrémiste est aux portes du pouvoir". Une position saluée par une majorité des militants présents au QG, mais pas par tous. Une vieille dame, qui a assuré qu'elle voterait blanc au second tour, a par exemple été applaudie par plusieurs de ses collègues militants. De leur côté, des jeunes Fillonistes avouaient qu'ils souhaitaient se donner du temps pour faire leur choix avant le second tour. La campagne a, il faut dire, laissé des traces. Certains militants ont d'ailleurs raillé des journalistes de télévision, souvent ciblés comme responsables de la descente aux enfers du candidat LR.

Objectif legislatives

Mais pour la droite, priorité est désormais donnée aux élections législatives prévues les 11 et 18 juin prochain. Les Républicains devront-ils, oui ou non, faire alliance avec les soutiens d'Emmanuel Macron ? François Fillon a de ce point de vue été très clair : "ne vous dispersez pas pour les législatives !"  a-t-il demandé à ses militants présents ce dimanche soir. Pas sûr qu'ils aient entendu cet appel, tant leurs regards étaient dans le vague et leur déception immense.

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