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ÉconomieFrance

Présidentielle 2017 : Le Pen charge Fillon le "mondialiste honteux"

Photo de Jean-Christophe Catalon

Jean-Christophe Catalon

Publié le 18 avril 2017 à 12:16 - Mis à jour le 18 avril 2017 à 18:44

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Dans une interview au Figaro, la candidate frontiste descend François Fillon dans l'espoir que les indécis du premier tour, qui hésitent à voter pour le candidat Les Républicains, fassent le choix du FN.

A moins d'une semaine du premier tour, une part importante de l'électorat n'a toujours pas pris sa décision, rendant incertaine l'issu du scrutin. Parmi ces indécis, nombreux sont ceux qui hésitent à se déplacer pour mettre le bulletin de François Fillon dans l'urne. Alors Marine Le Pen a choisi de se lancer à la conquête de la frange conservatrice du candidat LR. Dans un entretien au Figaro paru ce mardi, le candidate frontiste multiplie les attaques envers l'ancien Premier ministre, quitte à épargner son rival désigné du second tour : Emmanuel Macron.

■ "Je ne supporte pas qu'on demande [...] des sacrifices aux Français"

Parmi les mesures phares qui opposent les deux candidats, la question de l'âge de départ à la retraite est central. Alors que François Fillon plaide pour un report à 65 ans, Marine Le Pen défend le retour de la retraite à 60 ans.

Interrogée sur cette promesse de campagne, la candidate frontiste fustige implicitement le programme de François Fillon:

"Je ne supporte pas qu'on demande en toutes circonstances des sacrifices aux Français sans avoir fait au préalable des économies sur les dépenses nocives de l'État: l'argent versé en pure perte à l'Union européenne, la fraude fiscale et sociale, les délires de la décentralisation, le coût de l'immigration légale et clandestine."

Marine Le Pen assure que son programme va créer 1,7 million d'emplois en trois ans, ce qui rapporterait 25 milliards d'euros à la Sécurité sociale. De quoi financer le coût de la retraite à 60 ans, qu'elle estime à 17 milliards d'euros.

> Lire aussi : financement du déficit  : mais où va Marine Le Pen  ?

■ "Je l'ai vu au pouvoir Monsieur Fillon. Je ne le juge pas sur ses promesses"

Alors que François Fillon s'affiche comme un candidat ferme et intransigeant, notamment sur les questions d'autorité et de sécurité, Marine Le Pen tente de casser cette image. Interrogée sur ces thèmes, la candidate frontiste indique que "tout" les oppose.

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"Moi, je l'ai vu au pouvoir Monsieur Fillon. Je ne le juge pas sur ses promesses, il les a déjà faites il y a dix ans", attaque frontalement Marine Le Pen. "Je le juge sur ce qu'il a fait : 54.000 militaires et 12.500 policiers de moins, désorganisation des services de renseignements, refus de retrouver les frontières nationales, inauguration de la plus grande mosquée d'Europe, autorité donnée à l'UOIF, soutien à la guerre en Libye..."

> Lire aussi : immigration : les mauvais "coûts" du Front national

■ "Monsieur Fillon est un mondialiste honteux"

Pour Marine Le Pen, la présidentielle ressemble à un "référendum pour ou contre la mondialisation sauvage". La candidate FN veut opposer ce qu'elle appelle "les patriotes" aux "mondialistes", ces derniers sont représentés par les candidatures de François Fillon et Emmanuel Macron. Le premier serait même pire que le second à l'en croire. Elle préfère d'ailleurs affronter l'ancien ministre de François Hollande au deuxième, si elle parvenait à se qualifier.

"Monsieur Macron est un mondialiste décomplexé, là où Monsieur Fillon est un mondialiste honteux. Je préfère toujours avoir un mondialiste décomplexé face à moi, au moins les choses son claires !"

■ Mais aussi l'Europe, Mélenchon et le Vel d'Hiv

Outre les invectives à l'attention de François Fillon, la candidate FN en a profité pour faire le point sur certains sujets, à commencer par l'Europe. Marine Le Pen espère rassurer les Français en insistant qu'elle est "la seule qui leur demandera leur avis sur l'Union européenne, par référendum". D'ailleurs, en cas de victoire du "Non" à un Frexit et donc de défaite pour elle, Marine Le Pen a sous entendu qu'elle démissionnerait : "Je ne considère pas la politique comme du rodéo, où il faut à tout prix rester sur son cheval."

> Lire aussi : présidentielle 2017 : le retour à l'ECU voulu par le FN est-il sérieux ?

La candidate frontiste a aussi adressé quelques pics à son plus fervent adversaire : Jean-Luc Mélenchon, qu'elle qualifie "d'immigrationniste fou". Interrogée sur les sondages, qui annoncent un match serré entre quatre candidats, elle répond sans ménagements : "Monsieur Mélenchon était donné à 17% en 2012 et moi à 13. Il a terminé à 11 et moi à 18%."

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Enfin, elle est revenue sur la polémique autour de ses déclarations sur le Vel d'Hiv. Le 10 avril, Marine Le Pen a déclaré que la France n'était "pas responsable" de la rafle, provocant un tollé général. L'Etat d'Israël a sans surprise condamné ces propos, mais la candidate frontiste s'en défend expliquant que Jérusalem est "trompé par des associations soi-disant représentatives" et soutien qu'elle a "tenu sur ce sujet la position gaulliste"...

Jean-Christophe Catalon

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