Inquiétude à l’hôpital militaire Robert Picqué

Jean-Philippe Dejean

Jean-Philippe Dejean
La réunion impromptue organisée depuis ce vendredi matin à l'hôpital d'instruction des armées (HIA) Robert Picqué, à Villenave-d'Ornon, dans la banlieue de Bordeaux, entre la direction de l'établissement et les représentants du personnel va-t-elle permettre d'en finir avec l'inquiétude ? C'est peu probable, selon l'intersyndicale CFDT - CGT - FO - UNSA - CGC, qui appelait à l'organisation ce vendredi d'un rassemblement dans l'enceinte de l'hôpital.
Les syndicats craignent de voir les personnels civils disparaître de la nouvelle organisation. "On y verra peut-être plus clair mais je ne suis pas certain que cela soit plus rassurant. Comme il n'a pas été démenti par la direction, le projet de fusion de Robert Picqué avec Bagatelle n'est pas un bruit de couloir", analyse Frédéric Fourteau (CGT).
L'hôpital militaire, qui emploie 900 personnels, dont 387 civils, a signé en décembre 2011, dans le cadre de la loi Hôpital, patients, santé et territoire (HPST), un accord de coopération renforcé avec la Maison de santé protestante de Bagatelle (géographiquement proche), qui relève du secteur privé non lucratif, et l'Institut Bergonié - Centre régional de lutte contre le cancer de Bordeaux. Depuis, cet accord de coopération s'est transformé en alliance stratégique entre Bagatelle et Robert Picqué, via la création du groupement de coopération sanitaire Bahia (Bagatelle - Hôpital d'instruction des armées).
"Le projet présenté par le directeur central, approuvé au départ par l'ensemble du personnel, verrait naître un hôpital civilo-militaire de secteur 1 (à but non lucratif). Cependant, au vu des premières réunions, ce projet se fera sans les personnels civils du ministère de la Défense", s'inquiète le tract intersyndical. Autrement dit, le principe de la fusion est quasiment acquis, sans que le statut du futur établissement ni l'impact social de l'opération n'ait été encore précisé.
Jean-Philippe Dejean