Darricau : 100 ans, 100 % chocolat

Pascal Rabiller

Pascal Rabiller
Fondée à Bordeaux, place Gambetta, en 1915 par Joseph Darricau, un pâtissier qui avait officié à la cours des tsars de Russie notamment, la Maison Darricau s'est fait un nom, sans jamais renier celui de son créateur, dans le monde des artisans pâtissiers et chocolatiers sous la houlette de la famille Garrigue à partir des années 30.
En 1994, Michel, représentant de la troisième génération de Garrigue aux commandes de la Maison Darricau, décide d'en faire un "pur player" du chocolat.
"Nous tournions en rond avec la pâtisserie et le salon de thé, et puis piloter l'entreprise qui comptait 15 salariés, c'était devenu trop chronophage, je n'avais plus de temps à consacrer à la créativité. Or, avec le chocolat, le champ des possibles est infini", souligne Michel Garrigue. "Je ne regrette pas du tout ce recentrage de la société sur le chocolat", assure celui qui, aujourd'hui, officialise le passage de relais de l'entreprise qui compte 6 salariés toute l'année, 12 au moment des fêtes de fin d'année, à la prochaine génération, Clément, 24 ans.
Rayon des sushis ? Non, création chocolatière de la Maison Darricau !
Son père a toujours résisté à l'envie d'ouvrir des succursales, voire de créer une franchise Darricau :
Clément, lui, mûrit déjà des projets de développement pour la société qui génère 420.000 € de chiffre d'affaires annuel (réalisé à 30% à Pâques, et à 50% à Noël) .
Diplômé d'une école de design bordelaise (ECV), Clément compte laisser libre court à sa créativité pour revisiter régulièrement la collection des chocolats Darricau. "Nous sortons 3 à 4 nouveaux chocolats par an, souligne le père. Mais sous l'impulsion de Clément, l'innovation ne sera pas seulement sur le goût, mais également sur la forme."
Ce qui ne devrait pas changer, c'est la rigueur des artisans chocolatiers en matière de sourcing. "Nous avons remis à plat tout notre approvisionnement pour le faire monter en gamme. Nous avons aujourd'hui les partenaires, assembleurs, qui nous fournissent le meilleur du cacao."
Et Michel Garrigue de conclure : "Nous, Darricau, ne prétendons pas refaire le monde du chocolat. Nous nous contentons de recentrer notre métier sur l'essentiel : le goût du chocolat."
Pascal Rabiller