BPCE "sans peur et sans reproche" face à la revue des bilans bancaires par la BCE

Forte d'une solvabilité renforcée, la banque dirigée par François Pérol ne nourrit aucune inquiétude sur la revue de la qualité des actifs du secteur bancaire que la Banque centrale est en train de mener.
Christine Lejoux
En avance d'un an sur son objectif initial, la banque mutaliste affichait au 31 décembre un ratio de solvabilité de 10,4%. REUTERS.
En avance d'un an sur son objectif initial, la banque mutaliste affichait au 31 décembre un ratio de solvabilité de 10,4%. REUTERS. (Crédits : reuters.com)

"Une très belle année." C'est ainsi que François Pérol, président du directoire de BPCE, a résumé l'exercice 2013, lors de la présentation, mercredi 19 février, des résultats financiers du groupe bancaire mutualiste, né en 2009 de la fusion entre les Banques Populaires et les Caisses d'Epargne. De fait, BPCE a vu son bénéfice net bondir de 26,2%, l'an dernier, à 2,9 milliards d'euros, grâce à une hausse de 3,3% de son produit net bancaire (PNB, l'équivalent du chiffre d'affaires), à 23,1 milliards, couplée à un dépassement des objectifs que le groupe s'était fixés en matière de synergies de coûts sur la période 2010/2013.

A titre de comparaison, le résultat net de BNP Paribas s'est élevé à 4,83 milliards d'euros, en 2013, celui de la Société générale est ressorti à 2,18 milliards, et le bénéfice net du groupe Crédit agricole s'est établi à 5,13 milliards d'euros.

Un an d'avance sur l'objectif de solvabilité

Comme ses rivales, BPCE peut également se targuer d'avoir nettement amélioré sa solvabilité, un élément-clé compte tenu de la nouvelle réglementation dite de Bâle III, relative au renforcement des fonds propres des banques. Le ratio de fonds propres durs du groupe mutualiste a ainsi grimpé de 150 points de base en 2013, pour s'établir à 10,4%. BPCE est donc en avance d'un an sur son objectif initial d'afficher un ratio de solvabilité de 10% en 2014.

Interrogé sur la façon dont le groupe appréhende la revue de la qualité des actifs (AQR) du secteur bancaire que la Banque centrale européenne (BCE) est en train de mener, François Pérol ne nourrit donc "pas d'inquiétude sur la qualité et la valorisation des actifs au bilan de BPCE, à règles comptables et prudentielles inchangées." Et le président du directoire de BPCE d'enfoncer le clou : "Nous entrons dans cet exercice (de l'AQR) avec une solidité renforcée. Nous sommes tels le chevalier Bayard, sans peur et sans reproche."

Une procédure dont le calendrier demeure inconnu

Sans peur et sans reproche, François Pérol l'est-il aussi dans le cadre de sa mise en examen, le 6 février, pour prise illégale d'intérêts, une faute passible de cinq ans de prison et de 500.000 euros d'amende ? Pour rappel, le président du directoire de BPCE est suspecté d'avoir participé, lorsqu'il était secrétaire général adjoint de l'Elysée, aux négociations qui ont conduit à la création du groupe qu'il préside aujourd'hui.

Lors de la présentation des résultats annuels de BPCE, mercredi 19 février, François Pérol s'est contenté de rappeler que le conseil de surveillance de la banque lui avait renouvelé sa confiance le 7 février, "dès le lendemain de (sa) mise en examen." Et que "le calendrier de cette procédure - laquelle dure depuis cinq ans - n'était pas entre (ses) mains."

Christine Lejoux

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Commentaire 1
à écrit le 22/05/2014 à 20:50
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Aujourd'hui ces déclarations de BPCE apparaissent comme une grosse farce. A creuser.

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