Les banques innovent en passant aux caisses enregistreuses virtuelles

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Sur les 300.000 clients professionnels des Caisses d'Epargne, 50.000 sont des clients potentiels de Dilizi. BPCE.
Sur les 300.000 clients professionnels des Caisses d'Epargne, 50.000 sont des clients potentiels de Dilizi. BPCE. (Crédits : BPCE)
BPCE a présenté le 28 janvier Dilizi, un système qui transforme le smartphone ou la tablette d’un commerçant en terminal de paiement. Les banques s’efforcent de contrecarrer les avancées de start-up comme Square et Payleven dans l’encaissement mobile.

L'innovation dans les moyens de paiement plonge les banques dans une nouvelle bataille. Après leur récente contre-offensive dans les portefeuilles électroniques, pour tenter de rattraper le pionnier PayPal (eBay), les voilà qui contre-attaquent dans la "m-acceptance", en français l'acceptation des appareils mobiles (smartphones et tablettes) comme terminaux de paiement.

 Mardi 28 janvier, le groupe BPCE (Banque Populaire Caisse d'Epargne) a levé le voile sur Dilizi, son système de caisse enregistreuse virtuelle, dans le sillage de BNP Paribas et du Crédit agricole, qui avaient respectivement présenté Mobo et Smart TPE en novembre.

 Une dématérialisation totale du paiement par carte bancaire

Derrière ces petits noms étranges se cachent des systèmes très similaires. Le commerçant client des Caisse d'Epargne, par exemple, souscrit à Dilizi en agence ou sur le site Internet de sa banque. Lui sont alors envoyés des codes d'authentification lui permettant de télécharger l'application de caisse enregistreuse Dilizi sur son smartphone ou sa tablette, depuis l'App Store d'Apple ou Google Play pour les terminaux sous Android.

 Le commerçant reçoit également un petit lecteur portatif de carte bancaire, qu'il connecte à son mobile via la technologie Bluetooth. Lors d'une transaction, il n'a qu'à ouvrir "l'appli" Dilizi sur son mobile, puis à saisir le montant à payer. De son côté, le client insère sa carte dans le lecteur, compose son code à quatre chiffres, se voit délivrer un reçu par mail ou par SMS, et le tour est joué. Ainsi équipé, le commerçant peut gérer les paiements par carte bancaire de ses clients où qu'il soit.

 50.000 clients des Caisses d'Epargne susceptibles d'être intéressés par Dilizi

 "Un grand nombre de nos clients sont en attente d'un système d'encaissement capable de les accompagner dans leur mobilité", explique Cédric Mignon, directeur du développement des Caisses d'Epargne qui, parmi leurs 300.000 clients professionnels, en ont identifié 50.000 susceptibles d'être intéressés par Dilizi. Il s'agit typiquement de chauffeurs de taxis, d'infirmières à domicile, de vendeurs sur les marchés, de livreurs de pizzas, de plombiers et autres artisans ou professions libérales, qui ne risqueront plus de se heurter à des clients à court de monnaie ou de chéquier.

 "Sur les 31.000 taxis de France, 40% sont nos clients et 72% de ces derniers ne sont pas équipés de solutions de paiement embarquées", complète Michel Roux, directeur du développement chez Banque Populaire. Actuellement expérimenté au sein de la Caisse d'Epargne Rhône-Alpes et de Banque Populaire Rives de Paris, Dilizi sera mis en service dans l'ensemble du réseau de BPCE à partir du mois d'avril. C'est également cette année que BNP Paribas devrait généraliser Mobo, après l'avoir testé auprès de quelque 250 commerçants et artisans, l'objectif, pour la banque dirigée par Jean-Laurent Bonnafé, étant de gagner plusieurs centaines de milliers de nouveaux marchands dans l'Hexagone.

 Une commission de 2% sur chaque transaction

 Pour les très petites entreprises, Dilizi, Mobo ou encore Smart TPE ne présentent pas seulement l'avantage de la mobilité mais également celui du prix. Le lecteur de carte bancaire inclus dans l'offre Dilizi coûte 49 euros hors taxe, un montant qui s'élève à 95 euros pour Mobo (BNP Paribas), mais qui demeure très inférieur aux 450 euros d'un terminal de paiement électronique classique.

 Sans compter que le lecteur de carte bancaire est remboursé au commerçant "une fois que celui-ci a réalisé 7.500 euros de chiffre d'affaires", précise BPCE. Toujours au sujet de la tarification, le commerçant n'a pas d'abonnement à souscrire, il ne paye que s'il utilise Dilizi. Les Caisses d'Epargne et les Banques Populaires prélèveront ainsi une commission de 2% hors taxe sur chaque transaction. "Toutes les autres offres du marché sont supérieures à 2%", assure BPCE.

 Quelque 3 milliards d'euros de commissions annuelles en jeu

 C'est précisément pour tenter de garder la main sur ces commissions dites "commerçants" - estimées par la CGPME à quelque trois milliards d'euros en France chaque année - que les banques se lancent dans l'encaissement mobile, un marché défriché par la start-up américaine Square. Si cette dernière a conquis trois millions d'utilisateurs aux Etats-Unis, elle n'a cependant pas encore pris pied en Europe, sa technologie reposant sur la lecture des pistes magnétiques des cartes bancaires, et non des puces, comme c'est le cas sur le Vieux Continent.

 Reste que Square a fait des émules au Royaume-Uni (mPowa), en Suède (iZettle), au Danemark (Nets) et, surtout, en Allemagne, avec Payleven, actuellement disponible en version bêta en France. Pas question, donc, pour les banques, de se laisser une fois de plus distancer dans les nouveaux moyens de paiements, comme cela a été le cas avec PayPal qu'elles s'efforcent à présent de rattraper, avec des années de retard.

 

 

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Commentaires
a écrit le 11/04/2014 à 7:55 :
la concurrence encourage l'inovation, c'est très bien. Mais l'inconvénient, c'est qu'avant que le processus d'élimination darwinien face son travail, on est noyé dans une multiplication des offres. Tout ça est très technique. Ca serait bien qu'un de ces jours, on ne mette tous d'accord sur un standard de monaie electronique :-)
a écrit le 06/02/2014 à 14:27 :
Quid de SumUp en Allemagne! Bien au delà de la version beta!
a écrit le 31/01/2014 à 10:48 :
sous prétexte de service, bientôt plus d'argent, le rêve...pour les banques! je viens d'avoir une nouvelle carte au crédit agricole avec la puce sans contact. Ce qui devrait être activé en option est une obligation et si on n'est pas d'accord on ne prends pas la carte. En sens unique comme d'habitude. Au fond pourquoi je suis contre: pour des raisons de sécurité et pour que les banques ne sachent pas où je dépense , quand , combien, etc big brother is watching you
a écrit le 30/01/2014 à 17:10 :
"50.000 clients des Caisses d'Epargne susceptibles d'être intéressés par Dilizi" : Qui vont se rendre compte combien il est facile de se faire pirater par ces communications. Il faut savoir que vous pouvez demander à votre banque de ne pas valider la reconnaissance de votre carte de paiement en contactless. Elles sont aujourd'hui par défaut autorisées… A chacun de voir.
Réponse de le 31/01/2014 à 0:15 :
Oui mais les "pigeons" comme vous dites aimeraient bien que vous ne parliez pas le sabir des franglais: contactless = sans contact !

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