Assurance-vie : les Français n'y croient plus
Laura Fort
Laura Fort
Trois mois consécutifs de collecte nette négative (ou décollecte) : c'est du jamais vu de mémoire d'assureur ! Cela signifie que les épargnants ont versé moins d'argent qu'ils n'en ont retiré sur leur contrat en septembre, en octobre, mais aussi en novembre, selon plusieurs sources concordantes. La collecte nette cumulée de janvier à novembre 2011 aurait baissé de 65 % par rapport à la même période en 2010 (- 63 % en octobre). En valeur, sur le seul mois de novembre, la décollecte serait donc négative de 0,2 milliard d'euros. Compte tenu du volume de versements durant les six premiers mois, la collecte nette qui atteint 17,5 milliards à fin novembre devrait rester positive sur l'ensemble de l'année.
« La plupart des bancassureurs observent une collecte nette négative en novembre et il est possible que le phénomène se poursuive en décembre », confirme Bernard Le Bras, directeur exécutif de Suravenir, compagnie vie du Crédit Mutuel Arkéa. D'autant plus qu'en période électorale, les épargnants font plutôt preuve d'attentisme.
Besoins de consommation
L'une des raisons de ces rachats partiels ou totaux consiste dans le désendettement (remboursement de crédit) ou le refus de s'endetter (pour consommer) en ces temps difficiles. « Actuellement, les Français préfèrent racheter partiellement leurs contrats d'assurance-vie que recourir au crédit à la consommation pour leurs besoins courants. La production de crédits immobiliers est quant à elle en progression, ce qui signifie que les rachats sur les contrats d'assurance-vie peuvent notamment constituer un apport personnel », précise Bernard Le Bras.
Les épargnants réalisent aussi des arbitrages en faveur d'autres placements, comme les produits d'épargne de court terme. D'autant plus que le taux de rendement moyen de l'assurance-vie s'étiole. Encore à 5,3 % en 2001, il devrait se situer entre 2,5 % et 3 % au titre de l'année 2011, contre 3,40 % en 2010. Le taux du livret A pourrait, lui, être relevé à 2,50 % voire 2,75 %.
L'arrivée à maturité de nombreux contrats doit aussi être prise en compte, alors que, dans le même temps, de nombreux baby-boomers sont partis à la retraite, et ponctionnent ces contrats pour compléter leurs revenus. « Une forte proportion de clients détient ses contrats depuis plus de 8 ans, des contrats qui n'ont plus de pénalités de rachats et aucun frein fiscal. Les assurés qui sont dans ce cas-là utilisent alors leur contrat comme une réserve d'épargne disponible », explique Bernard Le Bras.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

À lire également
Et les forces de vente des réseaux bancaires ou d'assurance ont du mal à empêcher les clients de toucher à leurs contrats. Pourtant, la plupart des conseillers ont reçu des argumentaires pour faire face au mieux à ces demandes. C'est par exemple le cas chez Société Générale, Crédit Mutuel ou SwissLife (lire ci-dessous). « Il est compliqué de dissuader un client de racheter son contrat, surtout quand il ponctionne son assurance-vie pour satisfaire à des besoins de consommation courante et que les taux de rendement sont faibles. Les arguments sont difficiles à trouver, mais il reste néanmoins l'argument fiscal », reconnaît Bernard Le Bras.
Laura Fort
Souveraineté alimentaire et sanitaire : l'État va entrer au capital de l'industriel Eurolysine, menacé par la concurrence chinoise
Engie va supprimer environ 1 000 postes dans ses fonctions support d’ici à 2028
Nucléaire : le Blayais finalise son dossier pour accueillir les réacteurs nouvelle génération
Industrie, mobilités, logements, géothermie : la nouvelle offensive verte de l’Occitanie