La Haute-Gironde, la Région Nouvelle-Aquitaine et la préfecture bouclent un long parcours de lobbying pour obtenir deux EPR 2 sur le site nucléaire du Blayais. La candidature fera face aux autres territoires mobilisés pour convaincre l’État et EDF.Ils ne se contenteront pas d'envoyer leur dossier à Bernard Fontana. Ils iront le remettre en main propre au PDG d'EDF. Les partisans des EPR 2 au Blayais ont tenu leur ultime comité de soutien ce 3 juin à quelques kilomètres de la centrale nucléaire girondine, finalisant dix-huit mois de mobilisation. L'Etat est appelé à sélectionner d'ici la fin de l'année, au côté d'EDF, les sites d'implantations. La force du collectif blayais rassemblant élus, organisations professionnelles et monde économique a impressionné la nouvelle préfète Sophie Brocas, tout juste arrivée de la Région Centre-Val-de-Loire pourtant tout aussi envieuse d'accueillir les réacteurs nouvelle génération.
« A travers cette candidature, nous nous attachons à faire de l'EPR 2 un projet de vie pour les habitants et pour les jeunes », invoque Lydia Héraud, conseillère régionale (PS) et présidente du comité de soutien. La candidature blayaise a fait ainsi des compétences et de la formation son premier atout. Le site bénéficie d'un vivier direct de forces vives avec le campus des métiers dédiés à la maintenance en environnement sensible implanté à Blaye. Un centre agrandi en 2018 et associé à un tissu local spécialisé sur le nucléaire qui permettra d'abonder les besoins en main d’œuvre.
Quantités d'eau
Si l'EPR 2 fait son arrivée sur le site du blayais, le territoire comptera aussi sur les agglomérations voisines et même sur la métropole bordelaise tant les ordres de grandeur sont conséquents. EDF a ainsi estimé à 8 000 le nombre de salariés à mobiliser en phase chantier. Les partisans en sont conscients, pour répondre aux besoins « il faudra attirer les compétences, former puis recruter » en masse. « On vise les jeunes, les personnes en reconversion ou celles qui disposent déjà des mêmes compétences dans d'autres métiers », abonde Thierry Bergeron, directeur départemental de l'emploi du travail et des solidarités.
Les autres candidats aussi martèlent être capable de se doter des compétences nécessaires. Derrière le blayais, quatre sites se sont ouvertement mobilisés sur le dossier : Nogent-sur-Seine dans l'Aube, Tricastin dans la Drôme, Chinon en Indre-et-Loire et Golfech dans le Tarn-et-Garonne. Après les premières paires d'EPR 2 déjà attribuées à Penly (Seine-Maritime), Gravelines (Nord) et Bugey (Ain), pour lesquels EDF vient de sélectionner un groupement d'entreprises du BTP, seuls quatre dossiers seront retenus.