Le fisc allemand découvre des milliers de comptes français cachés en Suisse

Par latribune.fr  |   |  226  mots
Le fichier informatique transmis au enquêteurs du fisc français a permis de mettre au jour des identifiants de clients français de la banque suisse UBS, soupçonnée de blanchiment aggravé de fraude fiscale depuis 2013. (Photo: à Porto Rico, la banque suisse fait face à des sanctions après des plaintes d'épargnants sur des produits de placement) (Crédits : Reuters)
Selon une enquête exclusive du Point à paraître ce jeudi, une partie de ces 38.000 comptes appartient à de riches clients français de la banque suisse UBS. La manœuvre aurait ainsi permis de soustraire pas moins de 12 milliards d'euros (13 milliards de francs suisses) au fisc français.

Grosse prise pour les enquêteurs du fisc. Selon l'hebdomadaire Le Point qui révèle l'information ce jeudi, la Direction nationale des enquêtes fiscales (DNEF) vient de mettre la main sur un fichier informatique contenant pas moins de 38.000 comptes cachés en Suisse, en 2008. Parmi ces milliers de comptes, nombreux sont ceux qui appartiennent à de riches clients français de la banque suisse UBS. Ils ont pu être repérés grâce à leurs identifiants suivis d'un numéro 111.

L'hebdomadaire souligne que ce sont les enquêteurs du fisc allemand qui ont d'abord déterré ces listings dans les locaux de la branche d'UBS outre-Rhin, avant de les transmettre aux services français.

Énorme travail d'identification en perspective

Si les 38.000 comptes identifiés ont permis de répartir la somme de 12 milliards d'euros, c'est de manière inégale: certains n'ont été fournis que de quelques centaines d'euros quand les cent plus importants pouvaient contenir à eux seuls un milliard. Les noms des titulaires n'apparaissent pas, mais si le fisc veut récupérer la somme, il lui faudra identifier et recouper les identités de particuliers, mais également celles d'entreprises. La banque UBS et sa filiale française sont soupçonnées, depuis 2013, d'avoir démarché illégalement de riches clients en France afin de les inciter à ouvrir des comptes cachés en Suisse.