Le patron d'ING augmenté de 50%, tollé aux Pays-Bas

Par Delphine Cuny  |   |  316  mots
Ralph Hamers, le Pdg d'ING, a provoqué la polémique avec sa hausse de rémunération, en actions. (Crédits : DR)
L'annonce d'une hausse du salaire du Pdg de la banque néerlandaise, renflouée par l'État après la crise, a provoqué la polémique jeudi dans les milieux politiques de tous bords. Ralph Hamers a réalisé une sévère restructuration de la banque, supprimant des milliers d'emplois.

[Article mis à jour à 11h10]

La publication du rapport annuel 2017 d'ING ce jeudi n'est pas passée inaperçue : la banque néerlandaise a annoncé dans un communiqué des changements de sa politique de rémunération des dirigeants. Notamment le projet d'augmenter très significativement celle du Président et directeur général, Ralph Hamers, qui a mené une sévère restructuration, se traduisant par des milliers de suppressions d'emplois. Si son salaire fixe brut ne progresse que de 2,2%, à 1,75 million d'euros, sa part variable en actions s'envole.

 "Le directeur général recevra des actions fixes d'une valeur égale à 50% du salaire de base brut. Ces actions ont une durée de conservation de cinq ans, ce qui permet à ING de proposer une rémunération plus attrayante tout en maintenant le salaire de base plus ou moins inchangé" justifie  la banque.

Elle souligne aussi que cette rémunération classera ING au 44e rang des rémunérations de directeur général des entreprises de l'indice Euro Stoxx 50 (Société Générale est 41e, BNP Paribas 26e).

[ING est la 19ème capitalisation boursière de l'Euro Stoxx 50 et son Pdg se classe au 44ème rang des rémunérations de dirigeants selon la banque néerlandaise]

Courroux des politiques

Pas de quoi atténuer le courroux des politiques néerlandais, qui se souviennent que la banque a été renflouée  par l'État en 2008 (10 milliards d'euros). Le ministre des Finances, Wopke Hoekstra, a jugé cette rémunération excessive et qu'elle n'aiderait pas à restaurer la "confiance fragile" dans le secteur.

"Dans quel monde vivent donc les hauts dirigeants d'ING ?", s'est exclamé le député Jesse Klaver, chef du parti des Verts dans un tweet, qualifiant d'"arrogant" le dirigeant.

Un député de l'Union chrétienne, Eppo Bruins a estimé que "le secteur bancaire manque encore du sens de la responsabilité sociale".