Taux bas : Crédit Agricole abaisse la valeur de LCL de 600 millions d'euros

Photo d'illustration
LCL

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Les taux bas commencent à fragiliser les acteurs bancaires les plus exposés à la seule activité de détail, qui ne peuvent compenser l'érosion de leur marge d'intérêt par d'autres activités. Le Crédit Agricole vient ainsi d'annoncer, mardi 17 décembre en soirée, une dépréciation de 600 millions d'euros de l'écart d'acquisition de LCL dans ses comptes. Le groupe mutualiste avait racheté l'ex-Crédit Lyonnais au prix fort en 2003, à l'issue d'une bataille boursière, pour quelque 19,5 milliards d'euros. Crédit Agricole avait déjà déprécié la valeur de LCL en 2017 pour 491 millions d'euros. Les taux bas, et la vague de renégociation massive des prêts immobiliers, étaient déjà en cause.
Les résultats du quatrième trimestre, qui seront publiés le 14 février 2020, comporteront d'importants éléments exceptionnels : outre cette dépréciation, Crédit Agricole S.A. va enregistrer une reprise de provision d'un peu plus d'un milliard d'euros après la confirmation de la déduction fiscale de sa moins-value lors de la vente de son ex-filiale grecque Emporiki.
Crédit Agricole S.A. ou du groupe, "
les écarts d'acquisition étant déjà intégralement déduits des fonds propres prudentiels". Elle ne "remet pas non plus en cause sa politique de dividende."Longtemps perçu comme le maillon faible du groupe, le LCL s'était redressé ces derniers trimestres, après avoir serré les coûts et clarifié son positionnement de banque des urbains. Sur neuf mois, à fin septembre 2019, LCL affichait un produit net bancaire de 2,5 milliards d'euros en hausse de 1,2% et un bénéfice net part du groupe de 450 millions d'euros, en amélioration de 6,4%, grâce à une baisse du coefficient d'exploitation. Il représentait 17% des revenus et 11% du résultat de Crédit Agricole S.A. L'activité de crédit était soutenue (+9,2% sur un an), porté par les prêts immobiliers (80,4 milliards sur 127,8 milliards d'encours).
Fin octobre, le superviseur, l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR, adossée à la Banque de France), soulignait que l'environnement de taux bas "pèse fortement sur les marges du secteur bancaire" et "pèse plus sur les marges du secteur bancaire français que d'autres en raison des particularités des modèles de tarification, de financement, etc."
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Depuis le début de l'année, les perspectives du secteur ont été profondément modifiées. Au printemps, les banques espéraient encore une remontée des taux d'intérêt. Or en juin dernier, le président de la Banque centrale européenne (BCE) d'alors, Mario Draghi, a repoussé cet horizon, puis évoqué carrément une baisse des taux, qu'il a mis en application dès septembre, pour soutenir la croissance atone en zone euro. Christine Lagarde, qui lui a succédé le 1er novembre, prévoit de maintenir aussi longtemps que nécessaire cette politique monétaire accommodante.
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Dans ce contexte, les banques essaient de compenser par les volumes, quitte à assouplir un peu trop les conditions d'octroi de crédit, immobilier notamment, nerf de la guerre commerciale. Un "laxisme" contre lequel le Haut conseil de stabilité financière (HCSF) a récemment mis en garde, rappelant les bonnes pratiques aux établissements de crédit.