Gaz et nucléaire mis de côté, l’Europe s’accorde sur la liste des investissements durables

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La taxonomie des actifs verts sera le « catalyseur indispensable » pour « aider l'Europe à atteindre la neutralité climatique d'ici à 2050 » l'objectif du Pacte vert pour l'Europe (Green Deal) de la présidente de la nouvelle Commission, Ursula von der Leyen.
La taxonomie des actifs verts sera le « catalyseur indispensable » pour « aider l'Europe à atteindre la neutralité climatique d'ici à 2050 » l'objectif du Pacte vert pour l'Europe (Green Deal) de la présidente de la nouvelle Commission, Ursula von der Leyen. (Crédits : EU)
Après d’ultimes rebondissements, les négociateurs du Parlement européen sont parvenus à un accord avec tous les Etats membres sur la taxonomie des activités durables. La France et huit autres pays ont obtenu de ne pas exclure le nucléaire. Le gaz aussi pourra faire partie des activités de « transition » ou « facilitatrices ».

« Nous sommes entrés dans l'histoire » s'est emballé Valdis Dombrovskis, le vice-président de la commission européenne, en charge des services financiers, lundi 16 décembre sur son compte Twitter. « Les co-législateurs sont parvenus à un accord sur la taxonomie de l'UE sur les activités économiques vertes » a-t-il expliqué. « Il s'agit du catalyseur indispensable pour que les investissements verts affluent et aident l'Europe à atteindre la neutralité climatique d'ici à 2050 » en référence à l'objectif du Pacte vert pour l'Europe (Green Deal) de la présidente de la nouvelle Commission, Ursula von der Leyen.

« La taxonomie de l'investissement durable est probablement l'évolution la plus importante pour la finance depuis la comptabilité. Cela changera la donne dans la lutte contre le changement climatique » a déclaré l'eurodéputée finlandaise (PPE) Sirpa Pietikainen, négociatrice en chef de la commission de l'environnement.

Les négociateurs du Parlement européen sont parvenus à cet accord, qui reste soumis à l'approbation formelle du Parlement européen en plénière, après d'ultimes rebondissements. Le compromis préliminaire trouvé le 5 décembre à l'issue des « trilogues », ces réunions tripartites entre la Commission, le Parlement et le Conseil européens, avait été finalement bloqué mercredi 11 décembre par neuf pays, la France, le Royaume-Uni, la Pologne, la Hongrie, la République tchèque, la Slovaquie, la Slovénie, la Bulgarie et la Roumanie. En cause notamment l'exclusion explicite ou non du nucléaire. La présidence finlandaise du Conseil européen (jusqu'au 31 décembre) a dû retirer trois amendements pour sortir de l'impasse.

« Le texte n'exclut aucune technologie ou secteur spécifique des activités vertes, à l'exception des combustibles fossiles solides, tels que le charbon ou le lignite. La production de gaz et d'énergie nucléaire ne sont toutefois pas explicitement exclues du règlement. Ces activités peuvent potentiellement être qualifiées d'activités "habilitantes" [facilitatrices] ou transitoires dans le plein respect du principe "ne pas causer de préjudice important" [Do No Significant Harm en anglais] » précise le Parlement européen dans un communiqué publié ce mardi.

Ni inclus, ni exclus à ce stade

Les amendements retirés concernent précisément le principe de l'absence de préjudice et celui de l'atténuation des changements climatiques. « Des changements symboliques » relativise l'eurodéputé vert allemand Sven Giegold, convaincu que le texte n'a pas perdu en substance, et que le nucléaire sera in fine exclu.

« Nous avions un risque que la taxonomie soit prise en otage par le combat entre les pro et les antinucléaires d'un côté, et les pro et anti-gaz de l'autre. Il fallait sortir de cette impasse » a analysé l'eurodéputé français Pascal Canfin (Renew), dans un entretien à Novethic. « Le compromis est le suivant : ces deux énergies ne pourront en aucun cas être incluses dans la catégorie "purement verte", mais elles ne sont ni incluses et ni exclues par principe des catégories restantes. Elles seront analysées dans le détail par la Commission européenne en 2020 et 2021 de façon à voir sous quelles conditions elles peuvent éventuellement faire partie de la taxonomie. »

Le sort du nucléaire et du gaz sera donc remis à plus tard, dans deux ans. La question des déchets nucléaires risque de coincer avec le principe d'absence de préjudice. La Commission devra revoir les critères de sélection et définir les critères à appliquer lorsqu'une activité a un impact négatif important sur la durabilité d'ici au 31 décembre 2021.

Le rapporteur de la commission des affaires économiques du Parlement, l'eurodéputé vert néerlandais Bas Eickhout, a fait valoir que « tous les produits financiers qui se veulent durables devront le prouver selon des critères européens stricts et ambitieux. Le compromis inclut également un mandat clair pour que la Commission commence à travailler sur la définition des activités nuisibles à l'environnement à un stade ultérieur. La suppression progressive de ces activités et investissements est en effet tout aussi importante pour parvenir à la neutralité climatique que le soutien aux activités décarbonées ».

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a écrit le 18/12/2019 à 16:17 :
On a du bol, les bougies ne seront pas taxées, enfin pas tout de suite.
a écrit le 18/12/2019 à 10:13 :
Et si on réglait les problèmes les uns après le autres ? Et si on commençait par le problème majeur du charbon d'abord et avant tout ?

Ben on avancerait bien plus vite, ce que semble redouter au final la classe dirigeante hein... -_-
Réponse de le 18/12/2019 à 12:06 :
Le problème majeur c'est le lignite Allemand, qui remplace leurs 23 % de nucléaire. Hérité de la RDA ! On disait à l'époque: "Die DDR stinkt !" / La RDA pue ! Et on ne parlait pas seulement du régime Communiste. L'autre problème Allemand, c'est la catastrophe des éoliennes des éoliennes, très bien décrit dans le No de mai du "Spiegel".
Réponse de le 18/12/2019 à 19:02 :
L'allemand est impulsif en effet.... mais c'est quoi ce problème avec les éoliennes, leur fabrication ?
a écrit le 18/12/2019 à 9:57 :
Les députés européens devraient méditer la ''mésaventure'' de Boeing. Quand on donne les commandes aux financiers , on peut aller droit dans le mur. Boeing va-t-il couler? Trump au secours! l y a d'ailleurs des quantités d'autres exemples, je vous laisse deviner.
a écrit le 18/12/2019 à 9:48 :
Hallucinant les députés européens ne font pas la différence entre kwh et Mwh, une éolienne produit 400 kwh par an soit 0,4 MWh et une centrale nucléaire 1600 MWh ou 1 1 600 000 kwh.Une fois de plus les financiers continuent leurs petites affaires entre eux car il y a dans la finance verte plein de fric à ramasser. Il suffit de se baisser. Merci les contribuables.
Réponse de le 18/12/2019 à 13:00 :
Du fric à ramasser dans la finance verte ? probablement. Mais pour le moment, en faisant payer son électricité trois fois le prix au con-sommateur français qui n'a jamais aussi bien porté son nom, en permettant à des politiciens de faire un lobbying actif en faveur d'une énergie criminogène telle que le nucléaire (voire Edouard Philippe ancien de Areva), en subsidiant à tour des bras et avec l'argent public des gouffres à milliards tel qu'un epr brinquebalant qui n'est qu'une bombe à retardement... c'est surtout la mafia du nucléaire - composé des industriels du secteur et des politiciens véreux à leur solde - qui est un jackpot financier. C'est là qu'il y a "plein de fric à ramasser". Tout ça pour une énergie complètement dépassée, dangereuse, ingérable, qui ne garantit aucune indépendance énergétique ni aucune fiabilité d'approvisionnement (le chancre français moyenâgeux en est un excellent exemple) et qui est toujours synonyme d'état policier (même remarque) et d'économie en déclin (idem). Mais bon : restez la victime consentante et bien mal pourvue du point de vue intellectuet de la dictature de la pensée unique. C'est vous qui paierez toujours votre électricité beaucoup, beaucoup trop cher... Tant que votre cancer vous laisse un tant soit peu en vie, en tout cas. Si vous appréciez d'être un gogo décérébré, ce n'est heureusement pas le cas de tout le monde. Et pendant qu'une partie de la plèbe franchouillarde plébiscite sans rien y connaître le nucléaire, d'autres populations et d'autres pays d'avenir, refusant l'énergie atomique, progressent, eux. Contrairement à la france arriérée, ils progressent vers le futur, et non pas vers le passé à marche forcée.
Réponse de le 18/12/2019 à 16:16 :
@de à ? "une énergie criminogène telle que le nucléaire" développez un peu. On a comprit, j'ai compris que vous n'aimiez pas le nucléaire, mais c'est un peu court, malgré la longueur de votre tirade.
a écrit le 18/12/2019 à 9:45 :
Et si on commençait par consommer moins d'énergie ?
Croissance oblige on n'en prend pas le chemin.
Tant que le Pétrole, le Charbon, le Gaz, l'Uranium seront extractibles et rentables ils seront utilisés.
Peut-être moins dans une Europe qui se déclare plus vertueuse (encore que), mais dans le reste du Monde, la vertu de confronte à la réalité.
a écrit le 18/12/2019 à 7:55 :
Mais quand est-ce que ces pseudo écologistes comprendront que le nucléaire est indispensable a la sortie des énergies fossiles. Car pour sortir des énergies fossiles il faut produire beaucoup beaucoup d'électricité . Pour produire de l'hydrogène, des carburants de synthèse, pour les transports, pour la production des produits manufacturés, pour l'univers internet, tous ces mails, tout le stockage de données, l'industrie du cinéma, de la musique, du divertissant en général il faut de plus en plus d'électricité et ce n'est pas les éoliennes et les panneaux solaires dans nos pays du nord même en les multipliant par 10 qui y suffiront .
Quand aux déchets nucléaires, il existe des voies de recyclage qui verraient jour si les investissements dans le nucléaire étaient ce qu'ils devraient être. Seulement voilà les fondements des mouvements vert relèvent avant tout de l'anti nucléaire
Réponse de le 18/12/2019 à 9:42 :
mon pauvre ami ! Tant d'erreurs, de mensonges et de contre-vérités en si peu de lignes. Ce serait risible si ce n'était aussi pitoyable. Mais bon, personne ne vous en voudra. Tout le monde n'a pas des neurones en état de fonctionnement, le courage de penser par soi-même et celui d'évoluer; Merci à vous, en tout cas ! Avec des gens de votre mentalité, on n'a rien à craindre de la france (hormis les explosions atomiques, bien sûr !) : elle restera toujours ce pays arriéré, la République En Marche Arrière, qui met résolument le cap sur l'âge des cavernes. Ce qui laisse la place aux peuples et pays intelligents ayant une vraie vision d'avenir et qui refusent intelligemment l'énergie atomique. restez surtout comme vous êtes; Tant que le chancre se concentre en france, c'est tout bon pour les autre spays évolués, eux.
Réponse de le 18/12/2019 à 12:10 :
La vraie solution, ce sont les centrales nucléaires au Thorium. Telles que proposées par Carlo Rubbia, Prix Nobel de Physique. Elles ne produisent pas de déchets radioactifs et associées à un accélérateur, peuvent produire de l'Hydrogène pour les voitures du futur à moteur Stirling.
a écrit le 17/12/2019 à 19:58 :
On croit rêver: la transition énergétique ne pourra pas se faire sans le nucléaire. Il n’y a pas un pays (hors les petits pays montagneux) capable de produire la majorité de son électricité sans carbone et sans nucléaire. Et le seul pays à le faire c’est la France. Le mensonge des anti-nucléaires va se fracasser sur les objectifs de neutralité carbone
Réponse de le 18/12/2019 à 10:47 :
Toutes ces certitudes résident uniquement dans votre tête. Mais si vous vivez en france je ne vous en veux pas car l'idéologie pro-nucléaire est imposée depuis 50 ans. Mais la réalité, selon un rapport international publié hier, c'est que entre 2009 et 2018, les coûts du solaire commercial ont baissé de 88 % et ceux de l’éolien de 69 %, alors que dans le même temps, ceux du nucléaire augmentaient de 23 %. Une capacité record de 165 gigawatts de renouvelables a été raccordée aux réseaux dans le monde en 2018, alors que la capacité nucléaire en exploitation n’augmentait que de 9 gigawatts. La production d’électricité éolienne a augmenté de 29 % en 2018 et celle du solaire de 13 %, contre 2,4 % pour celle du nucléaire, imputable pour les trois quarts à un seul pays, la Chine. Mais aucun réacteur commercial chinois n’a été mis en construction depuis décembre 2016. Et la part de l’atome dans la production d’électricité dans le monde «poursuit son lent déclin», passant d’un record historique de 17,5 % en 1996 à 10,15 % en 2018
Réponse de le 18/12/2019 à 16:21 :
Ce qui serait bien, c'est de citer vos sources, pas de balancer "selon un rapport international publié hier," (lequel) comme ça on peut analyser nous mêmes sans avoir votre avis.

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