Le futur avion de combat européen sera d'abord... un drone

Patrick Cappelli

Patrick Cappelli
« Le traitement de l'information en temps réel et l'intelligence artificielle sont les deux briques majeures autour desquelles sera construit le futur avion de combat européen » a estimé François Mestre, directeur adjoint de la Direction de la Stratégie de la DGA (Direction générale de l'Armement) lors du Paris Air Forum.
La révolution digitale concerne aussi les aéronefs militaires, qui embarquent de plus en plus de systèmes ultra sophistiqués. Et pourraient même dans un avenir plus ou moins proche sortir de l'atmosphère terrestre. Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation, expliquait ainsi le 16 juin dans La Tribune que « les avions de combat de demain devront aller dans l'espace ».
En attendant ces appareils futuristes, Dassault Aviation et BAE Systems, accompagnés par Safran, Rolls Royce, Thales et Selex UK, travaillent ensemble sur le programme FCAS-DP (Futur Combat Air System-Demonstration System), un drone de combat attendu vers 2030. Pour Safran, surtout connu pour son partenariat dans l'aéronautique civile avec General Electric autour du moteur CFM qui équipe les A320 et Boeing 737, les enjeux d'une telle participation sont considérables. Selon Olivier Andries, président de Safran Engines (ex Snecma) :
Et entrer ainsi dans le club très fermé des motoristes capables de développer un moteur de A à Z, grâce entre autres à la participation de Safran au programme militaire M88 (moteur du Rafale).
Du côté de Thales, Pierre-Eric Pommellet, directeur général adjoint Systèmes de Mission Défense, estime que « le sujet n'est pas la réalisation d'un objet, aussi complexe soit-il, mais d'un système capable de communiquer en temps réel avec les forces de terrain grâce à des senseurs de nouvelle génération et des réseaux de communication associés à des traitements de type Big Data. L'objet aérien sera un des éléments de ce réseau (Cloud) ».
De tels projets, longs et coûteux, ne peuvent plus être menés par une seule nation ou un seul industriel. Mais deux questions cruciales n'ont pas encore été réglées : le Brexit pourrait-il remettre en cause la participation britannique ? L'Allemagne va-t-elle rejoindre le programme ?
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Avec ou sans les Allemands, le drone de combat est déjà sur les rails : une somme de deux milliards d'euros a été débloquée en mars dernier pour mettre au point un démonstrateur qui pourrait voler en 2025.
Un autre point fondamental doit être résolu : la maîtrise d'oeuvre, pour éviter les déboires de programmes type A400M d'Airbus ou NH90 (hélicoptère de combat européen). Une appréciation négative de ces deux appareils fruits d'une coopération entre industriels et États européens que réfute François Mestre :
À condition d'assurer une convergence des spécifications, malgré des besoins différents des États participants.
Patrick Cappelli
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