Le futur avion de combat européen sera d'abord... un drone

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Qui construira l’avion de combat de sixième génération, successeur des Rafale et Eurofighter ? Dassault, BAE Systems et Airbus ont rejoint le programme FCAS pour élaborer ensemble un drone aérien de combat, précurseur du futur aéronef militaire européen.

« Le traitement de l'information en temps réel et l'intelligence artificielle sont les deux briques majeures autour desquelles sera construit le futur avion de combat européen » a estimé François Mestre, directeur adjoint de la Direction de la Stratégie de la DGA (Direction générale de l'Armement) lors du Paris Air Forum.

La révolution digitale concerne aussi les aéronefs militaires, qui embarquent de plus en plus de systèmes ultra sophistiqués. Et pourraient même dans un avenir plus ou moins proche sortir de l'atmosphère terrestre. Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation, expliquait ainsi le 16 juin dans La Tribune que « les avions de combat de demain devront aller dans l'espace ».

En attendant ces appareils futuristes, Dassault Aviation et BAE Systems, accompagnés par Safran, Rolls Royce, Thales et Selex UK, travaillent ensemble sur le programme FCAS-DP (Futur Combat Air System-Demonstration System), un drone de combat attendu vers 2030. Pour Safran, surtout connu pour son partenariat dans l'aéronautique civile avec General Electric autour du moteur CFM qui équipe les A320 et Boeing 737, les enjeux d'une telle participation sont considérables. Selon Olivier Andries, président de Safran Engines (ex Snecma) :

« À travers le militaire, nous allons continuer à développer nos compétences, notamment dans les parties chaudes des moteurs ».

Et entrer ainsi dans le club très fermé des motoristes capables de développer un moteur de A à Z, grâce entre autres à la participation de Safran au programme militaire M88 (moteur du Rafale).

L'avion de combat dans le nuage

Du côté de Thales, Pierre-Eric Pommellet, directeur général adjoint Systèmes de Mission Défense, estime que « le sujet n'est pas la réalisation d'un objet, aussi complexe soit-il, mais d'un système capable de communiquer en temps réel avec les forces de terrain grâce à des senseurs de nouvelle génération et des réseaux de communication associés à des traitements de type Big Data. L'objet aérien sera un des éléments de ce réseau (Cloud) ».

De tels projets, longs et coûteux, ne peuvent plus être menés par une seule nation ou un seul industriel. Mais deux questions cruciales n'ont pas encore été réglées : le Brexit pourrait-il remettre en cause la participation britannique ? L'Allemagne va-t-elle rejoindre le programme ?

Pour François Mestre, « le programme a vocation à  s'ouvrir à d'autres nations, dont l'Allemagne. Mais avant, il conviendra de poser les fondations autour de la plateforme du moteur ».

Avec ou sans les Allemands, le drone de combat est déjà sur les rails : une somme de deux milliards d'euros a été débloquée en mars dernier pour mettre au point un démonstrateur qui pourrait voler en 2025.

« Le moteur d'un drone de combat doit apporter de la performance, de l'endurance et de la furtivité » précise .

La maîtrise d'œuvre, élément déterminant du succès

Un autre point fondamental doit être résolu : la maîtrise d'oeuvre, pour éviter les déboires de programmes type A400M d'Airbus ou NH90 (hélicoptère de combat européen). Une appréciation négative de ces deux appareils fruits d'une coopération entre industriels et États européens que réfute François Mestre :

« Ce sont de bons produits, aujourd'hui reconnus à l'international comme pour le NH90. Il en sera de même pour l'A400M. Certes, il y a eu des difficultés, mais je n'ai aucun doute sur la future carrière à l'export de l'A400M ».

À condition d'assurer une convergence des spécifications, malgré des besoins différents des États participants.

« Pour une maîtrise d'oeuvre forte, il faut que les pays en situation de leadership assument ce rôle. La deuxième chose que doit faire l'État, c'est refuser qu'un industriel entre s'il n'a pas les compétences. Soyons fort sur la maîtrise d'oeuvre et veillons à bien utiliser les compétences industrielles » conclut le  directeur adjoint de la Stratégie de la DGA.

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Commentaires
a écrit le 01/07/2016 à 20:33 :
il est très important que le drone de combat travaille en duo avec un rafale B,
sc'est que fera visiblement aussi le F35. cela augmente la survivabilité du rafale et du drone, grâce à la complémentarité des deux appareils. ca sera un couple très puissant.
le NOSA pouvant prendre des décision au niveau humain et selon le contexte du terrain proche. le drone peut compter sur sa furtivité mais ca ne suffit pas, il lui faut une protection pour neutraliser les menace air sol ou air air qui sont dans la zone de la cible à détruire.
a écrit le 01/07/2016 à 15:33 :
Autre correction : en français, on écrit "Révolution numérique", pas "digitale".

Digital en français désigne le doigt, pas la technologie numérique.

Erreur récurrente...
a écrit le 01/07/2016 à 10:26 :
Bonjour,

Quelques éléments à corriger dans cet article :

Pour les avionneurs, seuls Dassault et BAE system ont rejoins le programme FCAS, par Airbus.

Pour les motoristes : Safran n'a pas "participé" au programme M88, il l'a conçu seul et fait donc déjà parti du club très fermé des motoristes capables de développer un moteur de A à Z, et en particulier militaire dans ce cas. Pour le coup, le programme FCAS ne pourra pas le faire entrer à nouveaux dans ce club, vu que ce programme sera réalisé en partenariat avec d'autres motoristes européens.

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