Le torchon brûle entre Carrefour et son partenaire turc

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Carrefour est présent dans le pays depuis quinze ans.
Carrefour est présent dans le pays depuis quinze ans. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Quatre représentants du groupe Sabanci au conseil d'administration de Carrefour Turquie ont démissionné de leurs fonctions. Georges Plassat, PDG du groupe français, réfléchit à l'avenir de Carrefour dans le pays.

Rien ne va plus entre Carrefour et Sabanci, son partenaire turc. Haluk Dinçer, président de Carrefour SA, joint-venture des deux groupes, vient de claquer la porte. Celui qui préside cette co-entreprise depuis 2004 a démissionné de ses fonctions. Trois autres administrateurs représentants du conglomérat Sabanci, actionnaire à hauteur de 38,8% de Carrefour SA, ont fait de même. « Nous n'avons pas obtenu le soutien et l'aide nécessaires de la part de notre actionnaire majoritaire», a expliqué par communiqué Haluk Dinçer. Contacté par La Tribune, le groupe turc refuse d'en dire davantage. Carrefour "prend acte". Selon le groupe français, "Sabanci proposerait le nomination de quatre nouveaux administrateurs lors de l'assemblée générale du 27 juillet".  

848 millions d'euros de capitalisation boursière

En fait, la démission de Haluk Dinçer, mari de Suzan Sabanci, héritière de l'une des familles les plus fortunées de Turquie, en dit long sur les tractations en cours autour du désengagement de Carrefour. « Sabanci veut conclure l'opération d'ici à la fin 2012 », rapporte un analyste interrogé à Istanbul. Les deux groupes s'écharpent depuis fin 2011. En décembre, Sabanci a engagé une banque-conseil pour « explorer des options stratégiques». Quatre mois plus tard, fin février 2012, le conglomérat turc avait dévoilé vouloir finalement prendre le contrôle de Carrefour SA. Depuis, les négociations sur le prix de cette participation trainent ; coté à la Bourse d'Istanbul, Carrefour SA affiche une capitalisation boursière de 848 millions d'euros.

Changer de partenaire

Carrefour souffle le chaud et le froid. Lors de l'assemblée générale des actionnaires réunie le 18 juin, Georges Plassat, son PDG, n'a pas caché sa volonté de sortir Carrefour de certains marchés. Parmi les pays cités alors, figuraient l'Indonésie et la Turquie. Trois jours plus tard, dans une interview à la presse turque, Thomas Hübner, directeur de Carrefour en Europe, disait l'inverse. « Carrefour restera en Turquie, mais il pourrait changer de partenaire », avait-il fait valoir dans une interview au quotidien Haberturk, accordée au lendemain de l'annonce de sa sortie de Grèce. Aujourd'hui, le numéro deux mondial de la distribution dit "réfléchir à l'avenir stratégique de leur filiale commune".

Dia exploite 1.115 magasins

Jusqu'à il y a peu, tout comme la Chine et le Brésil, la Turquie faisait partie des pays émergents dont le numéro deux mondial de la distribution vantait l'insolente santé, le potentiel de développement et la qualité de son partenariat - vieux de 15 ans - avec Sabanci. En 2010, ensemble, ils avaient repris une enseigne de supermarchés, Ipek, pour un montant de 24 millions d'euros. Fin 2011, Carrefour Sa exploitait 216 supermarchés et 27 hypermarchés en Turquie. Dia, ancienne filiale de hard discount de Carrefour, que le groupe a introduit à la Bourse de Madrid en juillet 2011, exploite elle plus 1.115 magasins dans le pays, toujours en partenariat avec Sabanci. Et le groupe turc rapportait encore récemment qu'il espérait ouvrir 310 Dia cette année pour s'assurer 31% de croissance dans le pays. Reste à savoir si Carrefour ne cherche pas avec Dia une porte de sortie honorable.
 

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