L'Ethiopie élue meilleure destination touristique au monde

Par Arezki Amarouche  |   |  562  mots
Pour l'année 2015/2016, la Banque mondiale évalue la croissance de l'Ethiopie à 10,5%, une estimation supérieure à celle du FMI, qui mise sur une croissance économique de 8,6%.
Il n'y a pas que l'agriculture et le domaine industrielle qui profite à l'Ethiopie : le tourisme aussi participe au développement du pays. Il a d'ailleurs connu une croissance particulièrement constante selon la Banque Mondiale, passant de 468.000 visiteurs en 2010, à 681.000 en 2013. Mais si le deuxième pays le plus peuplé d'Afrique a été choisi, c'est surtout pour la richesse et l’excellente conservation de ses monuments historiques.

L'Ethiopie a été élu "meilleure destination" du monde pour les touristes cette année, par le Conseil Européen sur le Tourisme et le Commerce (CETT), un groupe de l'Union Européenne à but non-lucratif.

Le deuxième pays le plus peuplé d'Afrique après le Nigéria a été choisi pour "l'excellente conservation de l'état de ses monuments", situés dans la Basse vallée de l'Alouache - où les restes fossiles de Lucy ont été découverts -, ou encore dans les ruines de la ville d'Axoum, qui représente le cœur de l'Ethiopie antique.

La ville de Harar Jugol a aussi participé à la "victoire" de l'Ethiopie, notamment grâce à ses 82 mosquées, ses 11 églises médiévales en pierre datant du 13ème siècle, et ses 102 sanctuaires.

L'église médiévale de Saint-Georges, à Lalibela en Ethiopie.

Fierté nationale

Si la plupart des sites culturels et historiques éthiopiens sont enregistrés au patrimoine mondial de l'UNESCO, l'ambassade d'Ethiopie en Angleterre a tout de même souhaité célébrer cette récompense, en postant un tweet comprenant certains des endroits touristiques les plus populaires du pays.

Croissance particulièrement constante

Et si le gouvernement éthiopien n'a pas manqué d'identifier le tourisme comme l'un des domaine clés du développement économique du pays, c'est parce que le tourisme a connu une croissance particulièrement constante selon la Banque Mondiale. Le pays a accueilli 681.000 visiteurs en 2013, contre 468.000 en 2010.

Pour rappel, les destinations les plus populaires d'Afrique, le Maroc et l'Afrique du Sud, ont reçu approximativement 10 millions et 9,5 millions de visiteurs en 2013.

"Tourisme à vocation sociale"

En outre, le CETT a souligné que la sécurité et l'énorme potentiel d'accueil du pays seront présentés par certains de leurs membres, s'ils acceptent l'invitation qui leur a été faite, soit "une visite de familiarisation" en Ethiopie.

Pour le Premier ministre Hailemariam Desalegn, "le tourisme a une vocation sociale", et c'est aussi un moyen idéal de "partager des revenus", et de "soutenir le développement des communautés marginales et rurales".

Tourisme, agriculture, industrie : les moteurs de la croissance

Et tandis que la société civile et le processus démocratique mettent du temps à avancer, la croissance économique, elle, augmente d'année en année. En dix ans, entre 2003 et 2013, le pays a enregistré un taux de croissance de 10,8% en moyenne, deux fois plus que la moyenne de la région qui est de 5,3%. Pour l'année 2015/2016, la Banque mondiale évalue la croissance de l'Ethiopie à 10,5%, une estimation supérieure à celle du FMI, qui mise sur une croissance économique de 8,6%.

Mais si le tourisme a été un facteur profitable à cette croissance, l'agriculture et la production industrielle l'ont aussi alimenté. De plus, le gouvernement aurait déjà négocié de nombreux accords avec des investisseurs internationaux, souvent chinois.

Le Fond monétaire international a classé l'Ethiopie comme l'une des économies les plus dynamiques au monde, et Addis-Abeba, la capitale, a même été décrite comme le futur Dubaï africain... Pour preuve de l'importance retrouvée de ce pays dans le jeu international, Barack Obama y a prévu une visite à la fin du mois. Une première pour un président américain.