Avec son projet d'Union pour la Méditerranée, Nicolas Sarkozy l'avait rêvé. Avec l'intégration de l'Egypte, du Liban et des pays du Maghreb à l'Union européenne, Michel Houellebecq l'a imaginé dans son dernier roman.
Avec ses propositions permettant de faire de la France une plate-forme entre l'Europe et l'Afrique, la Fédération des entreprises internationales de la mécanique et de l'électronique (FICIME) qui représente les entreprises importatrices présentes en France espère rapprocher enfin la France et le continent noir. Un projet qui permettrait de renforcer l'attractivité économique de la France, fortement concurrencée par ses voisins européens, « notamment ceux dont la fiscalité est plus souple », explique Alain Rosaz, son président.
Concrètement, parmi les cinq propositions que cette fédération porte actuellement pour améliorer l'attractivité du site France, figure celle consistant à " faire de la France la plate-forme pour les filiales françaises de sociétés étrangères pour commercialiser leurs produits et services en Afrique ", poursuit-il.
Pour la fédération, l'objectif est d'accompagner ses 400 et quelque adhérents, majoritairement des filiales de grands groupes internationaux employant au total 417.000 salariés, qui vendent ou veulent vendre en Afrique des produits faisant l'objet d'un traitement spécifique en France. Concrètement, le produit réexporté doit être stocké, contrôlé, commercialisé, monté ou voir sa valeur relevée. " Le site France ne doit pas être un entrepôt logistique. Dans notre démarche, il faut bien évidemment qu'il y ait une création de valeur ajoutée et des emplois à la clé ", indique Alain Rosaz.
Pour atteindre cet objectif, la FICIME propose la création d'un nouveau guichet Bpifrance Réexport donnant accès aux services de la Coface et de Business France, le lancement du prêt Développement Réexport de BPI France et de garanties Coface Réexport telles que l'assurance-prospection et l'assurance-caution "à condition que cette activité soit positive pour l'activité", martèle Alain Rosaz.
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Autres propositions formulées par la FICIME pour faire de la France le pont entre l'Europe et l'Afrique, faciliter l'obtention de visas pour les chefs d'entreprises et la création d'un label spécifique "trade by France", soit "commercialisé par la France". Après le made in France, le design in France, l'économie française s'apprêterait donc à disposer d'une troisième force de frappe !
Mais l'Afrique est-elle l'Eldorado que l'on veut bien nous présenter ? Certes, la France entretient de solides relations avec de nombreux pays, essentiellement ses anciennes colonies toujours francophones. Mais ces liens historiques et culturels ne se traduisent pas vraiment par de solides relations économiques. En 2014, les exportations françaises vers l''Afrique se sont élevées à 27,4 milliards d'euros, soit seulement 6,2% du montant total des exportations totales !
Philippe Waechter, économiste chez Natixis AM, relativise également le potentiel africain.
Et l'économiste de poursuivre:
rappelant que l'économie africaine s'était développée très rapidement depuis le début des années 2000.
Il n'est pas le seul à annoncer le réveil de l'Afrique. Les études se multiplient sur le sujet. Publiée fin mars, la première édition de " Cities of Opportunity Africa " du cabinet PwC qui étudie le potentiel actuel et futur de vingt mégapoles du continent ne dit pas autre chose.
Dans ce contexte, il est délicat de remettre en cause le choix de l'Afrique. Compte tenu de la proximité économique et culturelle précédemment évoquée et du potentiel du continent noir, il n'est pas incongru. Une chose est certaine, faire de l'Hexagone un "hub" économique n'est pas dénué de sens. Tout en renforçant l'attractivité du site France, cette initiative pourrait permettre de participer au redressement de la balance commerciale.
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Comme le rappellent les Douanes, " les filiales de groupes étrangers s'approvisionnent plus volontiers auprès de leur maison mère pour desservir les marchés français et européen, mais ont une vocation exportatrice moins affirmée que celle des groupes français. Au final, les groupes étrangers enregistrent un déficit commercial d'environ 80 milliards d'euros en 2013, quand les opérateurs français affichent une balance commerciale équilibrée ".
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