Neymar au PSG : comment fonctionne une clause libératoire en Espagne

Par Hugo Baudino  |   |  560  mots
Javier Tebas a précisé qu'il ne voulait pas "empêcher le transfert" de Neymar vers le PSG, dans une interview accordée au journal l'Equipe, mais qu'il voulait voir le club parisien "sanctionné par l'UEFA sur le terrain sportif" à cause de ses "revenus fictifs" provenant du Qatar.
Le transfert de Neymar au Paris-Saint-Germain pourrait être bouclé dans les prochaines heures. Pourtant, un couac concernant la clause libératoire a retardé sa finalisation. Explications.

Le feuilleton dure depuis plus de deux semaines et tient les fans de football du monde entier en haleine : Neymar, star brésilienne du FC Barcelone, est sur le point de rejoindre le Paris-Saint-Germain pour le plus gros transfert de l'histoire de ce sport. Pourtant, jeudi matin, alors que le transfert paraissait quasiment bouclé, la Liga espagnole a rejeté le paiement de la clause libératoire du joueur, dont le montant serait de 222 millions d'euros. Si le paiement a finalement été accepté, il est opportun de se pencher sur ce système de clause libératoire qui, s'il est interdit en France, fonctionne de façon bien particulière en Espagne.

Les clauses libératoires ne sont pas légalement obligatoires mais elles sont communément répandues depuis 1985. A l'époque, une nouvelle législation est mise en place permettant aux joueurs de révoquer unilatéralement leurs contrats contre compensation, à moins qu'une clause libératoire ne figure dans le contrat au moment de la signature. Ce processus de révocation étant trop long (demandant du temps aux deux parties pour se mettre d'accord sur le montant de la compensation), les clubs se sont tous mis à instaurer des clauses libératoires.

La différence entre la Liga espagnole et les autres grands championnats dans lesquels la clause libératoire existe réside dans la façon dont celle-ci est déclenchée. En Espagne, ce n'est pas le club qui souhaite acheter le joueur qui s'acquitte auprès du club d'origine du montant de la clause, mais le joueur lui même. Ce dernier signe donc un chèque à la ligue de football espagnole qui reverse ensuite la somme au club d'origine. C'est à cette étape du processus que le transfert de Neymar a été bloqué pendant presque une journée.

Qui va rembourser Neymar pour sa clause libératoire ?

En règle générale, le club acheteur verse ensuite au joueur, qui s'est libéré lui-même, le montant de la clause libératoire. Et si le président de la Liga, Javier Tebas, a refusé le chèque de règlement de la clause, c'est justement parce qu'il considère que l'argent ne proviendra pas d'un club, mais de ce qu'il présente comme un "Club-Etat", le PSG étant possédé par le fonds souverain qatarien QIA (Qatar Investement Authority) et plus particulièrement sa filiale QSI (Qatar Sports Investments). Javier Tebas a ensuite précisé qu'il ne voulait pas "empêcher le transfert", dans une interview accordée au journal l'Equipe, mais qu'il voulait voir le PSG "sanctionné par l'UEFA sur le terrain sportif" à cause de ses "revenus fictifs" provenant du Qatar.

Le président de la Liga soupçonne des entités financières qatariennes, et non le PSG lui-même, de rembourser directement le joueur. En effet, afin de contourner un fair-play financier qui empêche aux clubs de dépenser plus que ce qu'ils gagnent, le transfert et le paiement de la clause libératoire auraient pu être effectués par QSI directement, voire même par la Qatar Tourism Authority, sorte d'Office du tourisme qatarien, en échange du "droit d'utiliser l'image de la superstar brésilienne", comme l'avance le journal Libération dans son édition du 3 août 2017.

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 (avec AFP)