Malgré un niveau historique, les défaillances d'entreprises marquent le pas au 2e trimestre
Raphaël Melka

Les tribunaux de commerce ont vu passer moins d'entreprises pour défaut ce trimestre.
Reuters
Raphaël Melka

Les tribunaux de commerce ont vu passer moins d'entreprises pour défaut ce trimestre.
Reuters
Depuis début 2024, le nombre de défaillance d'entreprises n'a cessé d'augmenter, trimestre après trimestre. Mais un pic semble avoir été atteint, et la décrue s'amorcer. Selon une étude publiée mardi soir par Altares, 16 586 défaillances ont été recensées au deuxième trimestre, un niveau toujours élevé, mais en très légère baisse par rapport au début d'année. Ce chiffre marque une augmentation limitée de 1,3 % comparé au second trimestre 2024, mais une baisse nette de 7 % depuis le premier de 2025 (le deuxième trimestre consécutif de baisse).
« À mi-année, ce sont donc un peu plus de 35 000 entreprises qui ont poussé la porte des tribunaux », précise Thierry Millon, auteur de l'étude. Pour lui, « on a une situation d'amélioration, même si on est à un niveau de défaut historique ».
Les défaillances d'entreprises, qui comprennent les liquidations judiciaires, les redressements judiciaires et les sauvegardes concernent les entreprises de toute taille. Les grandes PME ne sont pas épargnées : 58 structures d'au moins 100 salariés ont fait faillite au deuxième trimestre, soit près d'une par jour ouvré. Les entreprises de 6 à 19 salariés sont aussi dans une situation délicate. 1 773 ont défailli soit 10 % de plus qu'un an plus tôt. Les PME entre 6 et 19 salariés stoppent l'hémorragie, avec 1 % de défauts en moins sur un an. Les entreprises de 5 salariés ou moins (qui représentent 86 % des défauts) font de même.
Les disparités sont fortes selon les secteurs. Les activités récréatives, comme le spectacle vivant ou les festivals, enregistrent une hausse de 28 % des défaillances depuis le deuxième trimestre 2024. L'agriculture est également sous tension (+10 %) notamment dans les cultures plus particulièrement de céréales et de la vigne. Les taxis connaissent aussi une explosion des défauts (+57 %). Le secteur du BTP représente encore un quart des faillites, avec 4 183 ouvertures de procédures (-5 %). On constate des baisses conséquentes dans plusieurs domaines de la construction : gros œuvre (-7 %), second œuvre (-3 %), travaux publics (-14 %...
Côté territoires, la Loire-Atlantique est en queue de peloton : les défaillances y bondissent de 36 %, pesant sur toute la région Pays de la Loire (+12 %). À l'inverse, l'Île-de-France connaît un léger repli (-2 %), même si certains départements comme l'Essonne (+24 %) sont encore sous tension.
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Au-delà de la conjecture économique difficile et de l'incertitude liée à la situation politique française et internationale, la baisse des défaillances s'explique par des effets mécaniques. « Les entreprises les plus en souffrance sont déjà tombées », précise Thierry Millon. De plus, le remboursement des prêts garantis par l'État (PGE) a soutenu le nombre de défauts au mois d'avril, mais les tensions se sont relâchées depuis mai. Le troisième trimestre, en plein pendant les congés estivaux, ne devrait, en outre, pas voir beaucoup d'entreprises passer devant les tribunaux de commerce. Altares croit à un « ralentissement des défaillances pour la fin d'année ».
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