Pour continuer à briller, Bollywood se professionnalise

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En quelques années, le cinéma indien s'est réformé afin d'attirer investisseurs et distributeurs étrangers.

Les profondes mutations que connaît l'Inde n'épargnent pas Bollywood. En quelques années, la première industrie cinématographique au monde en termes de productions s'est radicalement métamorphosée. Si Bollywood attire toujours les foules avec plus de 3 milliards de tickets vendus en 2010, financement et distribution de films se sont progressivement ouverts et professionnalisés.

Longtemps recroquevillée sur elle-même et tenue par quelques producteurs à la réputation sulfureuse, l'industrie attire désormais des investisseurs et distributeurs plus structurés : « De la découverte de talents, en passant par la budgétisation des films, l'accompagnement marketing et la distribution, c'est toute l'industrie qui a évolué vers plus de professionnalisme », se félicite Vijay Singh, directeur général de Fox Star Studios. Constat similaire pour Tanaaz Bhatia, PDG de bottomline, un fonds d'investissement dédié au cinéma : « Trouver des financements pour des films de bollywood est devenu plus simple. D'une part, ce cinéma, autrefois connu uniquement en Inde et Moyen-Orient, s'est développé à travers le monde ; d'autre part, les partenariats de mieux en mieux ficelés incitent à la confiance. » Le succès international de « Slumdog Millionaire » a accéléré cette tendance.

Le modèle économique de Bollywood reste éloigné de celui d'Hollywood. Plus de 50 % des revenus aux États-Unis proviennent de la vente de DVD et autres produits dérivés : « l'Inde affiche un retard conséquent avec seulement 8 % de revenus liés à ces ventes », confie Vijay Singh. Des différences qui n'effraient nullement les distributeurs, les yeux rivés sur un marché qui pourrait atteindre 3 milliards de dollars dès 2012, avec une croissance de 15 % à 20 % attendue d'ici à 2015. Outre le financement des films indiens, la distribution de films américains constitue aussi une priorité. En cinq ans, la part des films hollywoodiens en Inde est ainsi passée de 3 % à plus 10 %.

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